Réveillez la Force qui est en vous avec Google

Google ne pouvait passer à côté de la sortie imminente et très attendue du dernier film de Star Wars. Il y a donc évidemment un site www.google.com/starwars, qui vous propose de rejoindre le camp de la lumière ou du côté obscur. En fonction de votre choix, votre expérience sur les différents outils Google sera modifiée. Pour l’instant, les changements sont plutôt mineurs – le petit bonhomme orange remplacé par un stormtrooper dans Google Maps par exemple, ou l’inclusion des dates de sortie du film sur votre calendrier. Google a cependant préciser que de nombreuses expérimentations  seront ajoutées au cours des prochains jours.

Google Star Wars -  Réveillez la Force qui est en vous

Au fur et à mesure que les internautes choisissent de se ranger du côté des gentils ou des Sith, l’équilibre de la force évolue (que va-t-il se passer une fois la lutte terminée?).

Google Star Wars - L'équilibre des Forces

À vous de choisir votre camp.

Pour ma part, je n’ai pas pu résister à l’attrait du côté obscur…

Google Star Wars - Côté Obscur

Faut-il abandonner WordPress?

Chaque jour, plus de 1000 sites opérant avec WordPress sont mis en ligne. Une statistique impressionnante, qui doit nous faire réfléchir sur l’évolution de la place des CMS dans le web.

WordPress est le moteur de 25 % des sites web. Pas seulement le moteur de 25 % des sites qui utilisent un CMS (système de gestion de contenus), mais 1 site sur 4 dans le monde. Point.

J’ai longtemps défendu l’utilisation des systèmes de gestion de contenu, et je continue dans le faire dans certains contextes précis. Mais, car il y a un mais, je crois qu’il faut être prudent avant de se lancer dans l’installation d’un WordPress. Tous les sites n’ont pas besoin d’un CMS, loin de là.

L’installation d’un système de gestion de contenu est pertinente dans la mesure où :

  • Les contenus ont besoin d’être manipulés (édités, modifiés, optimisés) régulièrement et par des personnes qui ne maitrisent pas les langages ou les outils de développement web.
  • Les fonctions du site sont suffisamment complexes : formulaires, commerce électronique, blogue, etc.

Pour un site « vitrine » de trois pages, pas besoin de WordPress. Au-delà de l’étude des besoins, il y a d’autres considérations à prendre en ligne de compte :

Sécurité
La vulnérabilité d’un CMS aux attaques et tous les problèmes de sécurité qui y sont associées rendent votre site vulnérable et peu sécurisé. C’est encore plus le cas pour un CMS aussi populaire que WordPress, proie de choix pour les pirates du monde entier.

Édition
On vante les avantages des éditeurs WYSIWYG – What you see if what you get – mais avouez-le, dans bien des cas il y a un fossé entre ce que vous voyez en mode édition et ce qui est mis en ligne. Une fossé qui cause bien des maux de tête et des crises de nerf.

Complexification
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? Un CMS a tendance à rendre certains aspects de mise en page ultra complexes pour rien.

Vitesse
Le temps de chargement est un facteur important de la vie d’un site web. Le CMS gère de nombreux fichiers qui alourdissent le site et nuise à sa vitesse chargement.

Référencement
La plupart des CMS gèrent assez mal le référencement. WordPress fait un peu mieux que les autres, surtout du fait des nombreuses extensions développées spécifiquement pour faciliter l’optimisation du référencement. Mais voulez-vous vraiment laisser une extension gérer votre référencement? Si vous voulez vraiment faire du SEO, vous allez devoir aller beaucoup plus loin, et le CMS finira par vous nuire.

Si WordPress répond à bien des besoins (après tout, ce site est développé avec WordPress…), il n’est pas nécessaire dans la plupart des situations. Il peut même être carrément nuisible. Initialement perçu comme une source de productivité et un gage d’autonomie, il peut devenir un monstre incontrôlable.

Avant de prendre la voie d’un CMS, analysez vos besoins avec précaution. Ne vous laissez pas entrainer par un effet de mode, ou par les sirènes de l’autonomie. Le web n’est pas simple, et les CMS ne le simplifient pas. Au lieu de croire à des mirages, entourez vous de ressources qualifiées pour gérer votre présence web, ou développez vos compétences de développement.

Le mythe de la mobilité

Le concept de « contexte mobile » est un mythe – il n’y a pas de contexte spécifique à la mobilité – les appareils mobiles s’appliquent à tous les contextes d’utilisation. Ce n’est donc pas parce que l’internaute consulte un site ou une application sur mobile que son temps ou sa capacité d’attention vont être limités. S’il a besoin de se concentrer, il se placera dans un contexte qui lui permettra de le faire, si c’est dans son intérêt.

Les utilisateurs des appareils mobiles ont la réputation d’avoir l’attention d’un poisson rouge. Double erreur, car non seulement les poissons rouges ne sont pas aussi distraits qu’on le pense généralement, mais il ne faudrait pas limiter l’utilisation d’un appareil mobile à la vérification constante de nouvelles notifications (l’effet FOMO, pour « Fear of missing out« , peur irrationnelle de manquer quelque chose).

La distraction n’est pas l’apanage des smartphones et autres tablettes numériques. Notre capacité d’attention est aussi mise à l’épreuve devant la télévision, l’ordinateur ou même en voiture. Les mobinautes ne sont pas plus enclin aux multitâche que les autres. Deux utilisateurs d’ordinateur de bureau sur trois utilisent de manière simultanée un autre appareil. Trois sur quatre pour les utilisateurs de tablette ou ceux qui regardent encore la télévision (oui, il y en a encore). Seulement 1 mobinaute sur deux utilise en même temps un autre appareil.

 

Le terme « mobile » est en fait trompeur. En effet, une étude Google démontre que 60% de l’utilisation des smartphones (ou téléphones intelligents, comme vous voulez) se fait à la maison. Trois recherches mobiles sur quatre se font à la maison ou au travail.

Au lieu d’imaginer le mobinaute en train de marcher dans la rue, les yeux rivés sur son écran au risque de se faire percuter par un objet mobile de taille supérieure et à vélocité variable, il serait préférable d’imaginer le mobinaute écrasé sur son divan à regarder Netflix. C’est moins glamour, mais probablement plus proche de la réalité. Bon à savoir également : les smartphones sont particulièrement utilisés aux toilettes, lieu dans lequel la notion de « mobilité » est pour le moins confinée.

Les internautes passent plus de temps sur les appareils mobiles que sur les ordinateurs classiques. De nombreuses activités se font uniquement de manière mobile : écouter la radio, prendre des photos, consulter des plans, envoyer des messages, etc. Sur Facebook, 30% des utilisateurs actifs accèdent au réseau social uniquement en mode mobile. 90% des 18-24 ans considèrent par ailleurs leur appareil mobile comme un aspect essentiel de leur vie quotidienne.

Il est intéressant aussi de constater que les tablettes numériques ne sont même pas vraiment considérée comme des appareils « mobiles » par les internautes, mais plutôt comme des appareils pratiques à la maison et qui fonctionnent bien en synergie avec les autres appareils. Le web mobile, avec son contexte propre à lui, n’existe pas. Il n’y a qu’un seul web, et une multitude de contextes d’utilisation.

À lire sur le sujet :

 


Les tests A/B sont sexy

Les tests A/B méritent votre attention. Ils détruisent les préjugés, démolissent les idées reçues et font de vous un décideur « éclairé ». Bref, les tests A/B sont « sexy ». Si, si, je vous l’assure.

Le web permet aux équipes marketing de faire toutes sortes d’expérimentation sur les internautes. Parmi celles-ci, les tests A/B méritent une attention particulière. Il s’agit d’un moyen de sonder les préférences des internautes dans un environnement réel. Mettons que vous hésitez sur le libellé d’un bouton entre 2 formules : « La poule » et « L’oeuf« . Plutôt que devoir trancher, vous pouvez décider d’effectuer un test A/B : 50% des internautes verront une version du libellé, 50% verront l’autre. En fonction de l’analyse des visites et des actions des internautes (via Google Analytics), vous serez en mesure de prendre une décision plus éclairée.

La grande vertu des tests A/B est de défaire les préjugés et les idées préconçues. Ce n’est certainement pas un processus agréable, car notre cerveau nous joue des tours (via le biais de confirmation). Donc les tests A/B, qui risquent de remettre en cause la certitude de notre savoir, nous dérangent. Ils ne sont pas « sexy ». Alors, dans la bonne cause, rendons les plus attirants en parlant lingerie.

Les marques de lingerie mobilisent d’importantes ressources pour faire les photos les plus magnifiques, les plus sensuelles, les plus attirantes. Elles vendent du rêve. Encore faut-il que la vision du directeur artistique soit la même que celle des consommateurs/consommatrices. Pour vendre du rêve, il faut être capable de lire dans les pensées.

Adore Me Photoshoot

 

Dans cette optique, la start-up Adore Me a procédé a d’importants tests A/B pour son site web, prenant de multiples photos pour les mêmes articles afin de déterminer quelles étaient les mannequins, les poses, les accessoires et les décors qui vendaient le mieux.

Pour chaque soutien-gorge, Adore Me prend plusieurs photos pour son site Web. Différents mannequins dans la même position, même mannequin avec des poses subtilement différentes, etc. Puis vient le moment de tester.

La moitié des internautes verront la photo A, l’autre moitié verront la photo B. Des tests A/B, donc. Une pratique de plus en plus répandue en commerce électronique.

Une pratique qui nécessite des ressources (il faut prendre les photos en double par exemple) et beaucoup de méthode (Adore Me teste ces photos tous les mois). La quantité d’informations collectée en vaut largement la chandelle, car la connaissance de l’utilisateur est plus que jamais le nerf de la guerre.

Les tests A/B ont permis à AdoreMe de se rendre compte que le choix du mannequin est plus important que le prix de l’article. Une consommatrice aura davantage tendance a acheter un soutien-gorge porté par un mannequin qu’elle apprécie que le même soutien-gorge moins cher porté un mannequin qui ne l’inspire pas. La pose est également très importante et influence la décision d’achat. De petites informations qui, adéquatement traitées, analysées et assemblées, font la différence : AdoreMe a réussi à se positionner avantageusement par rapport à sa compétition.

En 3 ans, Adore Me a connu une croissance vertigineuse de 15 606%! Loin de pouvoir rivaliser avec Victoria’s Secret (dont le chiffre d’affaires est de plusieurs milliards de dollars), Adore Me est tout de même une réussite dans un environnement fortement concurrentiel.

Ce n’est évidemment pas simplement le résultat des tests A/B, d’autres facteurs ont été déterminant comme des campagnes publicitaires ciblées et intelligentes ou le fait d’avoir recruté la designer Helen Mears (qui travaillait pour Victoria’s Secret). L’approche A/B témoigne cependant d’une culture marketing centrée sur l’utilisateur et qui se base sur des données plus que sur des préjugés ou de vieilles recettes.

Pour en savoir plus :

Les photographies proviennent du site de Adore Me


Les réseaux sociaux et l’illusion de la majorité

MIT Technology Review a publié un résumé d’une récente étude fascinante sur le comportement des réseaux sociaux, et comment ceux-ci peuvent déformer notre perception du monde, ou tout au moins faire croire que la majorité des gens croient qu’une opinion est partagée par tous alors que c’est loin d’être le cas.

L’étude, menée par Kristina Lerman et d’autres à l’Université de Californie du Sud, donne aussi un aperçu de la manière dont certaines informations peuvent devenir virales et se répandre comme une traînée de poudre alors que des contenus similaires peuvent être complètement ignorés.

L’étude a examiné comment les idées se répandent sur les réseaux sociaux avec des connexions complexes. Si des utilisateurs ayant un nombre moyen ou inférieur de connexions (amis Facebook, followers sur Twitter, etc.) affichent ou partagent quelque chose sur une plateforme sociale, la viralité de ces contenus sera limitée, en raison du faible nombre de connexions. Mais, si quelques influenceurs (des personnes qui ont un très grand nombre connexions, lire aussi Influence, influenceurs et influencés) partagent ce même contenu, l’information se propagera très rapidement.

Cela peut sembler évident, mais ce qui est contre-intuitif c’est que le nombre d’influenceurs nécessaires pour créer un effet d’entraînement massif est vraiment petit. Les auteurs de l’article s’amusent d’ailleurs à utiliser le terme influencerati.

Prenons un réseau de 14 personnes. La plupart ont peu de liens avec les autres, mais quelques-uns ont un très grand nombre de connexions – ils sont connectés avec presque toutes les autres personnes dans le réseau. Si seulement 3 de ces influenceurs (ceux avec un grand nombre de connexions) partagent un contenu, il semble tout d’un coup que tout le monde en parle (tiens, Tout le monde en parle, ça vous rappelle quelque chose?).

Les auteurs de l’étude appellent ce principe «l’illusion de la majorité.» Une opinion, une idée, une image, partagée par seulement quelques influenceurs peut sembler commune, banale (virale, quoi) non pas du fait que la majorité adhère à cette opinion mais parce qu’elle est partagée par ceux qui ont le plus de connexions dans le réseau.

Selon certaines conditions, une opinion marginale peut devenir très populaire localement.

Cette réflexion a déjà été abordée par le marketing des influenceurs mais fournit également un aperçu des raisons pour lesquelles ce type de marketing ne fonctionne pas toujours. Un influenceur qui soutient une marque n’est qu’un homme-sandwich. Pour que l’influence fonctionne, il faut que plusieurs influenceurs soutiennent une marque (ou une cause, soyons fous) conjointement et au même moment. C’est alors que l’illusion de la majorité opère.