Les différentes facettes du Web 2.0

Le Web 2.0 n’est pas seulement une révolution technologique. Derrière cette expression se cache des phénomènes sociaux et une évolution des comportements des internautes qui représentent autant de défis et d’opportunités pour les organisations.
Les éléments socio-culturels du Web 2.0 suivants doivent être pris en compte lors d’une démarche de réflexion stratégique sur les médias sociaux :

Un Web participatif

La majorité des internautes diffusent maintenant en ligne des contenus qu’ils ont créés eux-mêmes. Les informations générées par les organisations cèdent la place aux contenus créés par des amateurs. La notion de Web participatif est évidemment centrale dans la définition du Web 2.0. L’internaute a en effet la capacité de participer à toutes les étapes du cycle du contenu (création, publication, diffusion, partage).

Un Web collaboratif

Le Web 2.0 offre de riches possibilités de collaboration et « d’intelligence collective » : wikis, outils d’indexation et de partage de ressources en ligne, développement coopératif de logiciels à code source ouvert (open source), plateformes d’innovation ouvertes, etc.

Un Web narcissique

Si les activités participatives ou collaboratives sont nombreuses, il ne faut pas négliger le côté très individualiste du Web 2.0, centré davantage sur la personne que sur le contenu.

Un Web connecté

Le Web 2.0 offre des environnements qui permettent l’interaction entre les personnes et les données. Comme le disait Tim O’Reilly, la « force est dans le réseau ». L’interconnexion entre personnes et données entraîne la création de vastes réseaux (Facebook) ou des réseaux plus nichés (Flickr).
Ces réseaux sont alimentés par les contenus déposés par les internautes, qui contribuent à l’évolution du réseau. Les données deviennent sources d’information, et les réseaux s’interconnectent entre eux via la standardisation des protocoles d’échange (géolocalisation par exemple).

Un Web ouvert

Le Web 2.0 est construit sur une logique de partage. Il a favorisé le développement d’une culture et d’usages axés sur l’ouverture et facilitant la réutilisation. D’une part, c’est un Web démocratisé par les logiciels libres ou à codes sources ouverts, produits en collaboration par des pairs (on peut penser par exemple au succès du développement coopératif du navigateur Firefox).
Si leurs codes source ne sont pas toujours ouverts, les environnements sociaux du Web 2.0 sont la plupart du temps gratuits. Ils encouragent également le développement de nouvelles fonctionnalités et l’intégration avec d’autres réseaux.
Le Web 2.0 a aussi été conçu comme un espace de contribution et d’interaction public. Les contenus sont souvent ouverts à tous et peu ou pas censurés, le contrôle se faisant essentiellement par les pairs. Bien que des restrictions à l’accès se généralisent, et que certains services commencent à pratiquer la censure (Facebook, Google, Twitter), la diffusion large des contributions demeure un des intérêts de la participation en ligne.

Un Web mobile

De plus en plus d’internautes se connectent au Web via des branchements sans fil ou des téléphones intelligents. Le Web 2.0, c’est pour tout le monde, partout, tout le temps. Les technologies nomades évoluent rapidement et connaissent un engouement extraordinaire (pensons par exemple aux tablettes numériques).

Un Web instantané

La plupart des applications du Web 2.0 fonctionnent en mode quasi simultané. Comme en mode asynchrone, l’émetteur et le récepteur n’ont pas à être disponibles au même moment. Les communications peuvent pourtant s’y faire instantanément, simplement et informellement comme dans un échange synchrone. On combine donc la flexibilité dans la gestion du temps et la réflexion préalable que permet la communication asynchrone avec le caractère convivial et instantané du synchrone. À l’inverse, on conserve la spontanéité des échanges synchrones mais grâce à l’enregistrement et aux possibilités de rediffusion et d’indexation du Web 2.0, on y a accès en tout temps et en tous lieux.

Un Web persistant

Ces informations numérisées, indexées, copiées, bien que conçues pour une diffusion instantanée, demeurent accessibles et s’ajoutent à l’identité numérique de chacun. La décision d’assurer ou non cette pérennité est déléguée à un tiers qui héberge les données. Elles peuvent donc disparaître sans qu’on le veuille ou au contraire demeurer accessibles ou réapparaître alors qu’elles n’ont plus d’intérêt ou véhiculent des renseignements maintenant compromettants.

Un Web multimédia

L’univers textuel dans lequel nous avons évolué jusqu’ici devient rapidement multimédia. Un milliard de vidéos seraient visionnées chaque jour sur le Web. Cet apport de contenu est facilité par la multiplication des équipements personnels de production numérisée (téléphones cellulaires, caméras numériques, caméras web, etc.) et de logiciels gratuits ou peu coûteux de traitement et de diffusion.

Un Web diversifié

Les moyens et les formes de communication se multiplient. Les mêmes individus communiquent en parallèle au moyen de nombreux outils en fonction de préférences individuelles et de la nature de l’échange. Il ne suffit plus de créer un site Web et de croire qu’il servira d’unique point d’entrée.

Un Web personnalisé

Le Web, même plus collaboratif, évolue vers une plus grande personnalisation. C’est le cas à la fois des contenus, qui sont davantage représentatifs d’un individu (profil, photos, opinions, etc.) et de leur organisation par cet individu, qui peut choisir et combiner les ressources en ligne pour y avoir accès selon ses intérêts et préférences.

Un Web d’abondance

Le Web 2.0 est, à bien des points de vue, un univers de démesure. Tant les statistiques qui s’y rapportent que la rapidité avec laquelle elles évoluent sont phénoménales. La quantité de données générée atteint des niveaux vertigineux et c’est probablement l’aspect le plus marquant de cette démesure, particulièrement en éducation. L’utilisateur doit donc apprendre à utiliser et à gérer ce foisonnement, notamment en utilisant les outils que le Web 2.0 offre pour gérer ce flot (agrégateurs, partage de signets, etc.).

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