Catégorie : Web social

Les réseaux sociaux et l’illusion de la majorité

Réseaux sociaux - L'illusion de la majorité

MIT Technology Review a publié un résumé d’une récente étude fascinante sur le comportement des réseaux sociaux, et comment ceux-ci peuvent déformer notre perception du monde, ou tout au moins faire croire que la majorité des gens croient qu’une opinion est partagée par tous alors que c’est loin d’être le cas.

L’étude, menée par Kristina Lerman et d’autres à l’Université de Californie du Sud, donne aussi un aperçu de la manière dont certaines informations peuvent devenir virales et se répandre comme une traînée de poudre alors que des contenus similaires peuvent être complètement ignorés.

L’étude a examiné comment les idées se répandent sur les réseaux sociaux avec des connexions complexes. Si des utilisateurs ayant un nombre moyen ou inférieur de connexions (amis Facebook, followers sur Twitter, etc.) affichent ou partagent quelque chose sur une plateforme sociale, la viralité de ces contenus sera limitée, en raison du faible nombre de connexions. Mais, si quelques influenceurs (des personnes qui ont un très grand nombre connexions, lire aussi Influence, influenceurs et influencés) partagent ce même contenu, l’information se propagera très rapidement.

Cela peut sembler évident, mais ce qui est contre-intuitif c’est que le nombre d’influenceurs nécessaires pour créer un effet d’entraînement massif est vraiment petit. Les auteurs de l’article s’amusent d’ailleurs à utiliser le terme influencerati.

Prenons un réseau de 14 personnes. La plupart ont peu de liens avec les autres, mais quelques-uns ont un très grand nombre de connexions – ils sont connectés avec presque toutes les autres personnes dans le réseau. Si seulement 3 de ces influenceurs (ceux avec un grand nombre de connexions) partagent un contenu, il semble tout d’un coup que tout le monde en parle (tiens, Tout le monde en parle, ça vous rappelle quelque chose?).

Les auteurs de l’étude appellent ce principe «l’illusion de la majorité.» Une opinion, une idée, une image, partagée par seulement quelques influenceurs peut sembler commune, banale (virale, quoi) non pas du fait que la majorité adhère à cette opinion mais parce qu’elle est partagée par ceux qui ont le plus de connexions dans le réseau.

Selon certaines conditions, une opinion marginale peut devenir très populaire localement.

Cette réflexion a déjà été abordée par le marketing des influenceurs mais fournit également un aperçu des raisons pour lesquelles ce type de marketing ne fonctionne pas toujours. Un influenceur qui soutient une marque n’est qu’un homme-sandwich. Pour que l’influence fonctionne, il faut que plusieurs influenceurs soutiennent une marque (ou une cause, soyons fous) conjointement et au même moment. C’est alors que l’illusion de la majorité opère.


Les 6 profils des internautes sur le web social

personas

Comment les internautes utilisent-ils les médias sociaux ? Voici 6 profils correspondant à des utilisations très différentes du Web social.

L’invisible (40%)
Cet internaute est très méfiant vis à vis des médias sociaux. Il n’a aucun intérêt pour la dimension « conversation » des réseaux sociaux, qu’il perçoit comme une perte de temps. S’il est présent sur un réseau social, il ne s’y connecte que de manière sporadique (1 fois par mois). L’invisible est généralement un internaute plus âgé (60 ans et plus).

Support d’accès : Ordinateur de bureau
Fréquence de connexion : 1 fois par mois

Le novice (15%)
Il ne veut pas manquer le bateau des médias sociaux, mais ne s’investit pas beaucoup, ou de manière ciblée. Il participe régulièrement à un réseau social (généralement Facebook), essentiellement pour garder le contact avec ses amis, sa famille ou pour développer son réseau d’affaires. Il se connecte au web social de manière hebdomadaire.

Support d’accès : Ordinateur de bureau
Fréquence de connexion : 1-2 fois par semaine

personas

Le navigateur (15%)
Cet internaute utilise les médias sociaux pour obtenir de l’information sur ses sphères d’intérêt, mais aussi pour se tenir au courant des activités de son réseau familial et d’affaire. Il consulte, il regarde, il lit, il s’informe, mais ne participe pas vraiment aux conversations et partage peu d’informations lui-même.

Support d’accès : Ordinateur portable
Fréquence de connexion : 1 fois par jour

Le réseauteur (7%)
Très actif sur un réseau social en particulier (généralement Facebook ou LinkedIn), le réseauteur entretient des liens étroits avec sa communauté proche. Il partage ses humeurs et entretient des conversations avec son petit réseau, au sein duquel il exerce une influence notable

Support d’accès : Téléphone intelligent
Fréquence de connexion : 1 fois par jour

Le papillon (20%)
Présent sur plusieurs réseaux à la fois, le papillon participe au web social dans la mesure il y gagne quelque chose. Les réseaux sociaux sont pour lui avant tout des outils, ou des moyens d’obtenir des informations ou des promotions privilégiés de la part des marques. S’il se lasse ou n’obtient pas assez de valeur de la part d’un réseau, il le laisse tomber et va butiner ailleurs.
Support d’accès : Ordinateur portable
Fréquence de connexion : Plusieurs fois par jour

L’éclaireur (3%)
Fortement engagé dans les réseaux sociaux, qu’il utilise quotidiennement, l’éclaireur comprend les enjeux de la sphère sociale du web et se positionne à l’avant-garde des usages. Il construit son identité numérique à partir de plusieurs réseaux et peut servir d’ambassadeur influent pour les marques qui arrivent à le séduire.

Support d’accès : Interface cérébrale (bon, ok, téléphone intelligent)
Fréquence de connexion : Constante

Source d’inspiration : http://www.pamorama.net/wp-content/uploads/2012/06/Aimia-Social-Media-White-Paper-6-types-of-social-media-users.pdf

La veille sur les réseaux sociaux

veille sur les réseaux sociaux

Voici la présentation que j’ai utilisé lors de ma conférence « La veille sur les réseaux sociaux » donnée au Printemps des réseaux sociaux à Québec. Une présentation de l’approche et de quelques outils de veille, avec en complément une présentation de la veille sur LinkedIn par Rémi Lachance.

Revue de presse : Pinterest

Pinterest-Logo

Pinterest est le réseau social qui fait beaucoup de bruit ces jours-ci. Beaucoup de bruit pour rien, ou nouvelle plate-forme vouée à un avenir radieux? Voici une petite revue de presse sur le sujet.

Pinterest-Logo

Pourquoi Pinterest est « the next big thing »?

La définition de Pinterest pour Jacques Froissant :

C’est un tableau de liège virtuel, où vous épinglez (pin en anglais), affichez et surtout partagez vos coups de cœur numériques, classés par thèmes et centre d’intérêt. (explication empruntée à Meta Media un blog de France Televisions) C’est un moyen très visuel et très agréable de partager. On peut parler de « curation » des images. La force de Pinterest c’est que vous voyez des images mais qu’en cliquant dessus vous avez accès à la source derrière (article de blog, site photo, page de site e-commerce…). C’est donc un moyen aussi de bookmarker des sites que vous aimez en les classant par thématique dans des « boards ». Sur mon Pinterest j’ai ainsi créé plusieurs boards pour conserver par exemple des infographies sur le social media, des livres sur le Social Recrutement et RH 2.0, des photos du Cap Ferret ou encore des images dans la thématique purple du logo Altaide.

Pourquoi Pinterest est « Le » réseau social à suivre ? Jacques Froissant donne trois raisons :

  1. Simplicité d’usage, ergonomie, et impact du visuel
  2. Le trafic généré est déjà vertigineux
  3. Pinterest a un business modèle et gagne de l’argent

 

Utiliser Pinterest dans un contexte d’affaires : 9 astuces

À quoi peut bien servir Pinterest pour les entreprises? La réponse de Benoit Descary :

Pinterest est sans doute l’une des plateformes sociales les plus intéressantes et engageantes du moment. Pour les entreprises, c’est une façon simple de présenter leurs produits et services sous la forme d’un catalogue d’images thématiques.

Il donne ensuite quelques astuces (typiquement le genre d’astuces qui reviennent à chaque nouveau réseau social qui fait parler de lui) :

  1. Sélectionnez le nom de votre compte avec soin
  2. Complétez les champs About et Description
  3. Ajoutez des vidéos sur vos Boards
  4. Ajoutez Pinterest à votre page Facebook
  5. Ajoutez le bouton «Pin It» et «Follow Me on Pinterest» sur votre site
  6. Ajoutez des contributeurs à vos Boards
  7. Téléversez vos photos sur Pinterest
  8. Ajoutez un lien URL aux photos que vous téléversez sur vos Boards
  9. Ajoutez un bandeau qui indique le prix de vos articles

 

Pinterest, le site que vous allez adorer détester !

Guillaume Gralet, de son côté, met en garde contre l’effet bulle 2.0 :

Pinterest est contagieux : vous pouvez facilement y inviter vos amis Facebook, même Mark Zuckerberg est devenu utilisateur de ce site ultra-branché… Basé à Palo Alto en Californie, le site emploie 16 personnes et a déjà levé 27 millions de dollars. Créé il y a moins de deux ans, il est déjà valorisé à plus de 200 millions de dollars. Le site ne sera-t-il qu’un feu follet ? « Attention à ces sites qui, comme Quora en 2010 ou Instagram en 2011, soulèvent beaucoup d’enthousiasme avant de retomber comme des soufflés », met en garde le spécialiste des réseaux sociaux Nicolas Celic. Alors qu’il prévoit de prendre une commission sur la vente d’objets réalisée par son intermédiaire, Pinterest n’est toujours pas profitable. Attention à la bulle 2.0 !

Comment Pinterest peut servir votre marque ?

Grégory Pouy présente l’intérêt de ce petit réseau qui a la côte pour les marques.

Déjà plus de 150 marques issues de nombreux domaines sont présentes sur Pinterest, il me semble donc plus qu’intéressant que vous vous posiez la question pour la votre.
Voici comment :

5 bonnes raisons d’intégrer Pinterest à votre stratégie social media

Sur FrenchWeb, on met de l’avant les raisons d’incorporer le résau à sa stratégie de médias sociaux.

1 – Son succès : Pinterest n’a peut-être “que” trois millions d’utilisateurs actifs selon Facebook, mais leur nombre est en augmentation constante et ils semblent accrocs au site : en octobre selon Comscore, Pinterest.com aurait enregistré 421 millions de pages vues, soit 128 par utilisateurs et une progression de 2000% par rapport à juin !

Des chiffres comme ça, même dans le milieu très dynamique des startups internet, on n’en voit pas souvent. Pinterest n’en est clairement qu’à ses débuts et jouera très bientôt dans la cour des grands.

2 – Pinterest est un outil de découverte :  Si Pinterest est si addictif et génère tant de pages vues, c’est que c’est un très bon outil de découverte. En mettant en avant uniquement le visuel avec une interface très simple et claire, Pinterest permet de découvrir tout un tas d’idées et de produits et de créer des envies.

Quand Vous tapez une recherche sur Google, vous savez déjà ce que vous voulez trouver. Facebook ou Tumblr permettent de créer de nouvelles envie à travers le partage… Pinterest est entièrement consacré à la découverte, et ça en fait un formidable outil pour les boutiques en ligne comme Modcloth ou Etsy qui reçoivent d’ores et déjà une part très importantes de leur trafic via Pinterest.

3 – Son public qualifié : Pinterest c’est avant tout une communauté largement féminine, créative, et influente. En l’utilisant, vous ne vous adressez pas à un public lambda mais à ce que l’internet compte de plus actif et important dans la blogosphère féminine, où on ne compte plus les articles qui chantent les louanges de Pinterest.

Pinterest n’est pas exclusivement féminin et on n’a pas encore de véritables chiffres sur sa démographie, mais on sait au moins que les blogueuses y sont.

4 – Pinterest est une machine à preuve sociale :  un des mécanismes essentiels dans l’acte d’achat, la preuve sociale est un principe de sociologie selon lequel dans le doute, un individu aura tendance à imiter le comportement de ceux qui l’entourent. Pinterest est une machine à fournir des preuves sociales. Vous pouvez voir une photo sur un site et vous dire qu’elle est “sympa”, mais si elle est sur Pinterest, avec un gros chiffre de “like” et un gros chiffre de “re-pins” en dessous, vous vous sentez validé dans votre appréciation.

5 – Le facteur hype : Pinterest a pour lui cet insaisissable qualité que Facebook a perdu, que Twitter a de moiçns en moins et que Tumblr garde pour l’instant : Pinterest est cool ! Tout le monde parle de Pinterest, tout le monde en parle en bien, et tout le monde veut une invitation. Pinterest est un club un peu exclusif (rassurez vous, les invitations sont très facile à obtenir en vérité) et peu de marques l’utilisent pour l’instant. En simple vertu du fait que vous seriez parmi les premiers à utiliser Pinterest, on parlera de vous.

 

Pinterest, le réseau social très tendance (mais sans intérêt)

Sur le site du Nouvel Obs, Boris Manenti est beaucoup plus critique à propos de Pinterest.

Le réseau vise à « épingler » (« pin ») sur des « tableaux » les photos ou vidéos « qui ont de l’intérêt ». Là où Twitter consiste à partager des liens et actualités, Pinterest plaide le partage de la photo stylisée de mode, de cuisine, l’image drôle… Un concept qui mélange Tumblr et Instagram, mais sans ce qui fait leur charme.

Tout commence par le sésame invitation. En réseau social « tendance » qui se respecte, Pinterest impose d’être « invité » par un initié pour ouvrir ses portes. Le site épuré dévoile alors un patchwork d’images avec des commentaires discrets. Chaque image peut être « aimée » (« Like ») ou « repostée » (« repin »). Basique mais efficace. On apprécie l’absence totale de publicité.

En curieux, on publie une timide première photo sur un tableau thématique. On s’amuse à retrouver quelques « amis » Facebook ou Twitter. Hélas, ce sont toujours les mêmes « amis » qui squattent tous les nouveaux réseaux sociaux. Pinterest ne fait pas exception : le site est désert. En attendant, on regarde défiler les photos publiées. La majorité des utilisateurs plébiscitent les photos de mode et de cuisine.

Et on s’interroge. Quel est l’intérêt de Pinterest ? La réponse est simple : aucun. Certains reprochent aux utilisateurs de Twitter d’être autocentrés, mais sur Pinterest l’égocentrisme bat son plein. « Regarde ce que moi j’aime » pourrait être le slogan du réseau. Chaque utilisateur est le héros de son exposition personnelle. Le tout se fait sans talent, sans rien apporter de neuf.

Au final, Pinterest est fade. L’intérêt du réseau social n’est pas clair. On ne sait pas encore exactement comment les internautes vont s’approprier le site. Deviendra-t-il un réseau « lifestyle » à destination des femmes ? Un bon moyen pour les marques de communiquer sur leurs produits ? Qu’importe, en attendant, Pinterest lasse vite, très vite. S’il est tendance aujourd’hui, il pourrait retomber aussi vite qu’un soufflé. Un épiphénomène en somme.

Nathalie Collard aussi regarde le nouvel outil avec scepticisme, mais évoque aussi le fait que Pinterest est davantage centré sur l’objet que l’individu :

Un nouveau réseau social? Une plateforme plutôt ou, si vous préférez, un babillard numérique qui permet à l’utilisateur, une fois qu’il a ouvert un compte, d’épingler (to pin) ses images préférées, selon ses intérêts (d’où le nom Pinterest). Du scrapbooking numérique, en quelque sorte. Qu’affiche-t-on sur Pinterest? Ce qui nous chante. Des images de maison de campagne, de talons aiguilles, de robes de mariée, etc. On peut regarder les babillards des autres en s’abonnant à leur compte et leur repiquer les images qui nous intéressent. Arianna Huffington ne dit-elle pas que nous sommes à l’ère de l’expression de soi? (…)

Bref, on peut parler d’un véritable phénomène, même si, pour l’instant, il faut encore une invitation du site pour s’abonner et exposer ses propres images. Certains comparent Pinterest à Napster, où on pouvait échanger de la musique. Mais voilà: le concept de Napster ne respectait absolument pas le principe des droits d’auteur. Est-ce à dire que Pinterest encourage le viol de droits d’auteur? Ce n’est pas clair. Il faudrait qu’un photographe, par exemple, dépose une plainte pour que la justice tranche.

Est-ce que l’enthousiasme pour Pinterest va durer ou s’agit-il d’une mode passagère? «Il y a une tendance lourde qui nous oblige à prendre au sérieux cette nouvelle forme de service web, surtout auprès des femmes», a écrit le blogueur et conférencier québécois Benoit Descary sur son blogue la semaine dernière.

On voit d’ici toutes les possibilités qu’offre le site pour le commerce en ligne. Plutôt qu’une bête publicité, voilà que des objets nous sont proposés sans aucune pression par des amis ou des connaissances qui aiment les belles choses et les regroupent au même endroit. En cliquant sur l’image d’une robe, par exemple, on peut être dirigé vers deux endroits: un site qui nous expliquera comment en fabriquer une semblable ou encore un site transactionnel où on pourra se la procurer. Reste que pour l’instant, le côté «catalogue» de Pinterest n’est pas encore mis de l’avant.

Comment expliquer ce succès fulgurant? Deux raisons majeures. La première, suggérée par le journaliste techno du New York Times, David Pogue: «Contrairement à Facebook et à Twitter, on s’inscrit d’abord à Pinterest pour notre usage personnel. Le fait que les gens s’abonnent à nous ou pas n’est pas très important, car on ne diffuse pas de l’information; on rassemble des images qui nous inspirent», écrivait-il la semaine dernière. Vrai, le côté créatif de Pinterest explique sans doute une partie de son succès.

L’autre explication, drôlement pertinente, vient de Bianca Bosker, responsable de la section Techno de Huffington Post, qui se demande si nous ne sommes pas arrivés à un stade où nous en avons marre des autres. «Sur Pinterest, écrit-elle dans son blogue, plutôt que de dire «regardez-moi!», comme on le fait sur Twitter et Facebook, nous disons plutôt: «regardez ça!»» Vrai, en cette ère de narcissisme et d’autopromotion à outrance, ça fait du bien!

 

Connaissez-vous Pinterest, le dernier épiphénomène d’une longue série

Fred Cavazza a un point de vue très caustique sur le « blog lifestyle du pauvre », point de vue que je partage en grande partie :

Je ne sais plus qui disait que le web évolue par cycle de 5 ans, en tout cas j’ai comme l’impression que tout le monde est en train de chercher le nouveau Facebook. Pourquoi ? Je ne sais pas trop en fait… Ce mois-ci, la dernière coqueluche de la blogosphère est doncPinterest. Avant cela il y avait InstagramPathColorTurntableQuora,Chatroulette Certes, il y a des chiffres intéressants que l’on peut bidouiller pour faire de belles infographies, mais vous ne trouvez pas que ça commence à faire beaucoup trop de services de partage de trucs sympas / mignons / rigolos ? Parce que dans le même genre il y a aussi Polyvore,ShopStyle… (…)

Je ne remets pas en cause l’intérêt de ce service pour séduire les hipsters de la Silicon Valley, mais vous constaterez qu’il est avant tout configuré pour partager des produits inspirationnels ou socialement valorisants. La vérité est que Pinterest engendre surtout un afflux de trafic pour les productions de luxe ou artisanales, les principaux bénéficiaires sont donc les boutiques en ligne qui vendent des produits branchés. Tant mieux pour My Red Ponny ou Petit Zèbre, mais et les autres ? J’ai comme l’impression que Pinterest est le blog lifestyle du pauvre. (…) Existe-t-il une chance pour que l’on retrouve des prestations d’assurance ou des produits de consommation courante dans un board ? Aucune.

(…) Si l’on considère Pinterest comme un moteur d’inspiration de produits sortant de l’ordinaire, alors oui, c’est un des meilleurs de cette catégorie, mais très clairement pas le futur Facebook ou Twitter. De ce point de vue là, Pinterest pourrait être considéré comme un concurrent de Flipboard : un magazine personnalisé où vous allez piocher de l’inspiration. Le modèle semble en inspirer plus d’un car la concurrence est déjà là avec des alternatives plus classieuses (Pose), pour la vidéo (Chill), dédiées au porno (Snatchly) ou pour les hommes (Gentlemint).

Au final, nous avons donc un phénomène marginal comme on en voit tous les trimestres. D’autant plus que ces services mettent en place des leviers de monétisation plutôt obscures (Pinterest is quietly generating revenue by modifying user submitted pins), et Pinterest n’est pas le seul (The Price of Free: Path Uploads Entire Address Book To Its Servers). (…)

Le meilleur conseil que je puisse vous donner est de ne pas trop perdre votre temps à identifier le dernier service à la mode qui buzz. Intéressez-vous plutôt sur des plateformes sociales plus versatiles comme Tumblr (cf. Buddy Media’s CEO says 2012 is the year of Tumblr) ou sur des initiatives d’envergure à l’image de la communauté ReBrick de Lego (Lego Launches Social Media Platform).

 

Quelques présentations de Pinterest

Pour conclure, quelques présentations de Pinterest, sur la blogosphère (merci à NetPublic). Les articles sont issus pour la plupart de blogs créatifs féminins :

Quelle serait la traduction la plus appropriée de « content curator »?

quora

Sur Quora, j’ai posé la question « quelle serait la traduction la plus appropriée de content curator« ? Voici quelques réponses de la communauté.

 

A mon avis il faut dire éditeur. Editer signifie « faire paraître au public » (cf. Wikipedia http://bit.ly/hc0SBC), et c’est exactement ce que fait le curator: il choisit les contenus les plus pertinents dans un contexte particulier, et les partage avec d’autres.

Antoine Msika, Community Manager @ Pearltrees

 

« curation », « curateur » : that’s all 🙂

Chrystophe Oleon, Web project manager | CMS integrator

Je penche définitivement pour « organisateur de contenu », plutôt que la traduction littérale qui ne me semble pas adaptée.
Mais l’idée de « documentaliste » me semble tout à fait adapté! pourquoi pas alors « web-documentaliste« , ou « documentaliste numérique? »

Jean-Luc Boulin, Blog Etourisme.info, directeur MOPA.

 

Et « Modérateur de contenus » ? C’est juste une suggestion.

Denis Florent

Structurateur ?

Aether Concept

Conservateur de contenus

Guy Therrien, Consultant en communication

« Content Curation », ça veut rien dire, je ne vois pas le besoin de traduire ce qui n’a pas de sens. En anglais, il y a des « curators » qui sont des conservateurs, qui travaillent dans les musées, etc. Il y a aussi la « Digital Curation ».. mais « Content Curation », ça n’a aucun sens.. je serais prêt à dire « recherchiste » ou même « bloggeur », car Robert Scoble, qui a eu beaucoup d’influence sur le discours sur la « Curation », est sensiblement un bloggeur.. la « Curation » c’est plus un outil qu’un poste, ou un titre.. N’importe qui pourrait faire de la « Content Curation ».. autant un recherchiste qu’un bloggeur.. C’est mon avis..

Alex Gagnon

Si le rôle du « curator » est de rechercher, collecter, analyser et transmettre des informations pertinentes aux personnes qui en auront l’utilité …cela fait une bonne définition de veilleur, à mon avis. Il n’est pas nécessaire d’utiliser tous les « buzz words » qui sortent; curator, veilleur, même combat.

Antoine Montoux

 

« Curateur » veut déjà dire quelque chose de précis … tant pis. Comme il faut éviter les mots trop long, « curator » à de beaux jours devant lui. Cependant, en détaillant un peu les missions du curator sur mon blog en en constatant qu’il est un peu veilleur, un peu community manager, un peu documentaliste… J’en arrive à la conclusion qu’il n’y aura pas de curator à plein temps dans les entreprise mais plutôt des mission de « curation » pour d’autre profil.
Donc plus besoin de mot 🙂

MAJ : Finalement en lisant vos commentaires je commence à pencher pour la traduction « chef de rayon » de la grande distribution. Il récupère que qu’on lui donne et tente de la mettre en valeur pour le vendre au mieux ! Ok, c’est un peu pessimiste mais bon …

Gregory Maubon

 

 If what you mean is  » the selection, preservation, maintenance, and collection and archiving of digital assets » (http://en.wikipedia.org/wiki/Dig…), then I would say « responsable de contenus » or « gestionnaire de contenus ».
That said, the word « curator », it seems, cover a large spectra of meanings, going from web designer to monitoring, so it remains difficult to chose one word for this multiple meaning one. (answer re-written, due to Ronan’s remark).

Kumar Guha, Information manager

 

Je pencherai pour ma part pour « curator »… On sait ainsi de quoi on parle et sa traducteur littérale : curateur me convient aussi 😉
Je me posais la question dernièrement de savoir si les enseignants n’étaient pas eux aussi des Curators ! Dans ce cas, les définitions précédentes : veilleurs, conservateurs, gestion de contenu… ne fonctionnent pas !

Eric Delcroix

Je partage l’avis d’Eric, on n’échappera pas au « curator » (ou curateur), car la « nouveauté » (relative) du mot est importante. Bien que ce ne soit pas son origine (curator vient de conservateur), je pense toujours à la médecine quand j’entends ce mot. Et pour moi le « content curator », c’est un peu le médecin des contenus, celui qui vient rétablir le malade, le patient souffrant d’infobésité, le média devant perfuser dans tous les sens ses lecteurs… C’est un peu un architecte des contenus, qui vient donner de la structure à la manière dont on gère les contenus.

Hubert Guillaud

 

Plusieurs d’entre vous parlent de « responsable (de gestion) des contenus » mais ça correspond plutôt à « content manager » historiquement (si l’on peut dire). « Web-documentaliste » et « veilleur » correspondent bien mais ne marquent peut-être pas assez le fait que le curator fait face à des contenus déferlants, issus principalement des réseaux sociaux où il y a à boire et à manger (le documentaliste et le veilleur se nourrissent traditionnellement de sources a priori fiables).
Du coup je creuserais plutôt vers une appelation du type « responsable qualité des contenus » (voire de la communication digitale).

Après avoir lu les commentaires sur le post que j’ai fait sur etourisme.info sur le sujet, c’est vrai que c’est un boulot de documentaliste, la curation, non?
Donc pourquoi pas « web-documentaliste », ou « documentaliste numérique »?

Rodolphe Canale

 

Et vous, quelle est votre suggestion?

Vers les musées 2.0 (2ème partie)

musée-du-quai-Branly-accueil

Cet article fait suite à « Vers les musées 2.0 (1ère partie) » (logique, non?). Dans mon article précédent, je posais la question : « un musée, c’est quoi? »

Pour moi, un musée, c’est un lieu dans lequel sont collectés des oeuvres d’art. Mais pas seulement. Un musée, c’est une institution qui, en entreprosant un patrimoine culturel, permet justement de le conserver. Le musée n’est donc pas qu’entrepôt, il est aussi acteur culturel.

Face aux technologies numériques, le musée doit se redéfinir. De la même manière que le fait d’autres institutions, commes les bibliothèques (lire à ce titre les excellents blogs Bibliomancienne et Bibliobsession). La technologie offre (ou impose, c’est selon) la possibilité au musée d’être à la fois auteur, éditeur, producteur et diffuseur de contenus multimédias. Un rôle qui, comme le souligne Arnaud Laborderie, modifie profondément les échanges et relations avec les publics.

Le travail est double : interne (mise en place d’un Intranet, circulation des informations sous une forme numérique, création d’espaces collaboratifs pour la préparation des projets) et externe (relations avec les partenaires, les visiteurs).

« Pour rester attractif, face à la concurrence des autres institutions et des médias, le musée doit innover. Il s’agit de surprendre, attirer l’attention, émouvoir, élargir, fidéliser les publics, renouveler son image, diffuser les connaissances mais aussi savoir les partager, solliciter des mécènes pour valoriser espaces et collections. Voilà le défi du musée au XXIe siècle : intégrer le numérique dans la stratégie globale de l’établissement. Peu d’institutions y parviennent aujourd’hui. » (Arnaud Laborderie)

Le musée numérique se doit être capable de maîtriser les « trois temps de la visite » : avant, pendant et après. Avant, avec un site web attractif par exemple Pendant, avec des applications mobiles qui enrichissent la visite. Après, en prolongeant l’échange avec le visiteur sur les réseaux sociaux.

Exemples de l’intégration du numérique dans les musées en France

Le site Internet

Comme exemple de sites Internet réussi, on peut citer celui musée du Quai Branly.

musée du quai Branly

Les applications mobiles

Monet la visite : expo Grand Palais 2010 - Acoustiguide SmartourLes applications mobiles remplacent les audio-guides. Elles peuvent être développées pour un musée (celle du Quai Branly par exemple) ou spécifiquement pour une exposition (Monet la visite : expo Grand Palais 2010 – Acoustiguide Smartour).

Le MuséoLab d’Érasme va plus loin encore avec l’utilisation d’applications iPad. L’interactivité pour les visiteurs se poursuit même jusqu’à la maison avec des jeux en ligne (lire à ce sujet : Le MuséoLab d’Erasme dans et hors les murs).

 

Les communautés en ligne

Le Louvre a lancé en décembre dernier son portail communautaire en ligne. Lire mon article Réseaux alternatifs : Communauté Louvre et l’article de Samuel Bausson (plus complet).  En 2010 aussi a été lancé Exponaute, le portail des expositions et des musées.

exponaute - guide des expositions et des musées

Les médias sociaux

À l’initiative de Samuel Bausson, le musée de Toulouse a investi les médias sociaux. Voir ci-dessous un compte rendu des expériences de « musée 2.0 » à Toulouse. Je vous invite également à lire : Samuel, le museo-geek aux grandes oreilles sur le blog de Knowtex.

Ces initiatives tendent à redéfinir le rôle et la place des musées aujourd’hui. Le « web social » est avant tout une affaire de culture. Se focaliser sur les outils c’est se perdre dans les moyens au détriment des objectifs. En tant qu’acteurs culturels, les musées doivent approcher les nouveaux médias avec enthousiasme et y voir les nombreuses opportunités qu’ils ont de tisser des liens.

La prochaine partie de « Vers les musées 2.0 » présentera des exemples d’intégration du numérique dans les musées américains.