Catégorie : Web

Faut-il abandonner WordPress?

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Chaque jour, plus de 1000 sites opérant avec WordPress sont mis en ligne. Une statistique impressionnante, qui doit nous faire réfléchir sur l’évolution de la place des CMS dans le web.

WordPress est le moteur de 25 % des sites web. Pas seulement le moteur de 25 % des sites qui utilisent un CMS (système de gestion de contenus), mais 1 site sur 4 dans le monde. Point.

J’ai longtemps défendu l’utilisation des systèmes de gestion de contenu, et je continue dans le faire dans certains contextes précis. Mais, car il y a un mais, je crois qu’il faut être prudent avant de se lancer dans l’installation d’un WordPress. Tous les sites n’ont pas besoin d’un CMS, loin de là.

L’installation d’un système de gestion de contenu est pertinente dans la mesure où :

  • Les contenus ont besoin d’être manipulés (édités, modifiés, optimisés) régulièrement et par des personnes qui ne maitrisent pas les langages ou les outils de développement web.
  • Les fonctions du site sont suffisamment complexes : formulaires, commerce électronique, blogue, etc.

Pour un site « vitrine » de trois pages, pas besoin de WordPress. Au-delà de l’étude des besoins, il y a d’autres considérations à prendre en ligne de compte :

Sécurité
La vulnérabilité d’un CMS aux attaques et tous les problèmes de sécurité qui y sont associées rendent votre site vulnérable et peu sécurisé. C’est encore plus le cas pour un CMS aussi populaire que WordPress, proie de choix pour les pirates du monde entier.

Édition
On vante les avantages des éditeurs WYSIWYG – What you see if what you get – mais avouez-le, dans bien des cas il y a un fossé entre ce que vous voyez en mode édition et ce qui est mis en ligne. Une fossé qui cause bien des maux de tête et des crises de nerf.

Complexification
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? Un CMS a tendance à rendre certains aspects de mise en page ultra complexes pour rien.

Vitesse
Le temps de chargement est un facteur important de la vie d’un site web. Le CMS gère de nombreux fichiers qui alourdissent le site et nuise à sa vitesse chargement.

Référencement
La plupart des CMS gèrent assez mal le référencement. WordPress fait un peu mieux que les autres, surtout du fait des nombreuses extensions développées spécifiquement pour faciliter l’optimisation du référencement. Mais voulez-vous vraiment laisser une extension gérer votre référencement? Si vous voulez vraiment faire du SEO, vous allez devoir aller beaucoup plus loin, et le CMS finira par vous nuire.

Si WordPress répond à bien des besoins (après tout, ce site est développé avec WordPress…), il n’est pas nécessaire dans la plupart des situations. Il peut même être carrément nuisible. Initialement perçu comme une source de productivité et un gage d’autonomie, il peut devenir un monstre incontrôlable.

Avant de prendre la voie d’un CMS, analysez vos besoins avec précaution. Ne vous laissez pas entrainer par un effet de mode, ou par les sirènes de l’autonomie. Le web n’est pas simple, et les CMS ne le simplifient pas. Au lieu de croire à des mirages, entourez vous de ressources qualifiées pour gérer votre présence web, ou développez vos compétences de développement.

Le mythe de la mobilité

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Le concept de « contexte mobile » est un mythe – il n’y a pas de contexte spécifique à la mobilité – les appareils mobiles s’appliquent à tous les contextes d’utilisation. Ce n’est donc pas parce que l’internaute consulte un site ou une application sur mobile que son temps ou sa capacité d’attention vont être limités. S’il a besoin de se concentrer, il se placera dans un contexte qui lui permettra de le faire, si c’est dans son intérêt.

Les utilisateurs des appareils mobiles ont la réputation d’avoir l’attention d’un poisson rouge. Double erreur, car non seulement les poissons rouges ne sont pas aussi distraits qu’on le pense généralement, mais il ne faudrait pas limiter l’utilisation d’un appareil mobile à la vérification constante de nouvelles notifications (l’effet FOMO, pour « Fear of missing out« , peur irrationnelle de manquer quelque chose).

La distraction n’est pas l’apanage des smartphones et autres tablettes numériques. Notre capacité d’attention est aussi mise à l’épreuve devant la télévision, l’ordinateur ou même en voiture. Les mobinautes ne sont pas plus enclin aux multitâche que les autres. Deux utilisateurs d’ordinateur de bureau sur trois utilisent de manière simultanée un autre appareil. Trois sur quatre pour les utilisateurs de tablette ou ceux qui regardent encore la télévision (oui, il y en a encore). Seulement 1 mobinaute sur deux utilise en même temps un autre appareil.

 

Le terme « mobile » est en fait trompeur. En effet, une étude Google démontre que 60% de l’utilisation des smartphones (ou téléphones intelligents, comme vous voulez) se fait à la maison. Trois recherches mobiles sur quatre se font à la maison ou au travail.

Au lieu d’imaginer le mobinaute en train de marcher dans la rue, les yeux rivés sur son écran au risque de se faire percuter par un objet mobile de taille supérieure et à vélocité variable, il serait préférable d’imaginer le mobinaute écrasé sur son divan à regarder Netflix. C’est moins glamour, mais probablement plus proche de la réalité. Bon à savoir également : les smartphones sont particulièrement utilisés aux toilettes, lieu dans lequel la notion de « mobilité » est pour le moins confinée.

Les internautes passent plus de temps sur les appareils mobiles que sur les ordinateurs classiques. De nombreuses activités se font uniquement de manière mobile : écouter la radio, prendre des photos, consulter des plans, envoyer des messages, etc. Sur Facebook, 30% des utilisateurs actifs accèdent au réseau social uniquement en mode mobile. 90% des 18-24 ans considèrent par ailleurs leur appareil mobile comme un aspect essentiel de leur vie quotidienne.

Il est intéressant aussi de constater que les tablettes numériques ne sont même pas vraiment considérée comme des appareils « mobiles » par les internautes, mais plutôt comme des appareils pratiques à la maison et qui fonctionnent bien en synergie avec les autres appareils. Le web mobile, avec son contexte propre à lui, n’existe pas. Il n’y a qu’un seul web, et une multitude de contextes d’utilisation.

À lire sur le sujet :

 


À quoi sert votre site web?

Charte d'utilisation des médias sociaux - un casse-tête pour les entreprises

Le site web arrive (trop) souvent tardivement dans le processus de développement des affaires d’une entreprise. Il vient s’arrimer au cadre stratégique déjà établi. Normal, me direz-vous. Oui, si votre site web est conçu comme un outil parmi d’autres, une vitrine pour votre entreprise, assorti d’un vague espoir qu’il contribuera aux ventes ou du moins à sa notoriété. Si votre site web est traité comme un élément secondaire de votre entreprise, son impact sera nécessairement limité.

Et si vous jetiez un autre regard sur votre site web? Pourquoi ne pas le considérer comme étant la véritable incarnation de votre entreprise sur le web ? Pourquoi ne pas en faire le moteur de votre développement? Après tout, si le numérique occupe une place croissante dans nos sociétés, le site web, cœur de votre présence numérique, devrait être traité avec tous les égards.

 

Votre site web, champion de votre marketing numérique

Vous devriez envisager de manière plus large le rôle du site dans la stratégie marketing. Le marketing, c’est à la fois la gestion du produit, de la clientèle et de la marque. Le site web joue un rôle dans chacune de ces dimensions. Trop souvent, le site web est considéré comme un simple outil de vente. Son objectif est de générer des prospects c’est tout. Il s’appuie sur l’idée que les visiteurs arrivent (plus ou moins par miracle) sur le site, cliquent, et achètent (plus ou moins directement, selon les cas).

Les processus d’achat sont en réalité beaucoup plus complexes. L’internaute passe par différentes étapes : il prend conscience de son besoin, il découvre votre offre de service, il compare et finalement, il décide. Vous devez donc obtenir l’attention des internautes. Pour cela, votre site doit être pensé et construit en conséquence, c’est-à-dire en fonction des besoins des internautes que vous ciblez.

Un site de type organisationnel est inutile. Si votre site se borne à présenter qui vous êtes, il ne servira à rien. Vous n’êtes pas le sujet du site : c’est la relation entre votre marque et vos internautes qui est la raison d’être de votre site. Est-ce que votre site propose une solution à un problème rencontré par vos clients potentiels? S’adresse-t-il clairement à eux, dans leur langage? Offre-t-il des informations pertinentes pour faciliter leur décision d’achat? Pour obtenir de l’attention, il faut en donner. Il faut être à l’écoute des préoccupations de son interlocuteur. Les internautes doivent percevoir que vous comprenez les problèmes auxquels ils font face, et que vous offrez une solution crédible pour les résoudre.

Le site web comme facilitateur du processus de décision

Lorsqu’un client potentiel vous contacte, il n’est pas au début de son processus d’achat. En fait, il a même complété les deux tiers, voire les trois quarts, de ce processus. Il a effectué des recherches, il s’est informé, il a comparé les offres. Vous devez, par conséquent convaincre l’internaute de faire affaire avec vous en le persuadant que vous êtes en mesure de répondre à ses besoins. Vous devez lui fournir les informations qui lui permettront de progresser dans son processus de décision. Informer n’est pas suffisant : il ne faut pas le travail de collecte d’informations. Si votre offre s’adresse à différents segments de clientèle, prévoyez des sections dédiées à chacune d’entre elles, présentées de manière à prendre en considération leurs spécificités.

Le site web n’est pas seulement un outil d’attention, c’est un outil de conversion. Votre présence web n’est utile qu’à partir du moment où elle parvient à convertir les prospects en clients. Votre site doit donc être persuasif.

Arrêtez de voir votre site web comme une dépense

Le site web n’est pas une dépense, c’est un investissement. Encore faut-il savoir pourquoi vous voulez investir dans votre site web. C’est là que le bât blesse : les entreprises prennent pour acquis qu’elles doivent être présentes sur le web, mais elles le font par grégarité, pour faire comme les autres, plus que par priorité ou proactivité. Vous ne pouvez pas simplement dire « Je veux un site web parce que tout le monde est sur le web.» Vous devez vous fixer des objectifs clairs, mesurables. Voulez-vous que les internautes consultent une page spécifique de votre site? Qu’ils téléchargent un document présentant votre offre de service ou une étude de cas? Qu’ils vous contactent directement par téléphone ou via un formulaire?

Dans l’analyse des résultats, il faut se méfier de la simplification. Dans le web, nous passons trop de temps à nous concentrer sur les clics. Nous voulons que les internautes cliquent sur les liens, cliquent sur les boutons, etc. Le clic n’est pas une bonne mesure de ROI, pas plus que le nombre de pages vues. Pensez au nombre de fois que vous avez cliqué sur un lien pour atterrir sur une page au contenu décevant, que vous abandonnée après quelques secondes. Le temps d’attention accordé aux contenus est plus important que le clic. Est-ce que vos internautes passent suffisamment de temps sur votre site pour être en mesure de comprendre votre offre de service? Lisent-ils vos articles de blogue? Si les contenus sont importants, ce n’est pas tant parce qu’ils sont vus que parce qu’ils sont lus.

Encore plus important, est-ce qu’ils permettent la progression des internautes dans les processus décisionnels? C’est dans l’optimisation des processus que se trouve la vraie valeur de votre site Web. Le développement d’une présence numérique repose sur la mise en place de processus : création de contenus, diffusion de ces contenus, optimisation du référencement, amélioration de la performance, etc. Le site Web est un processus, et non pas un projet, qui se termine avec sa mise en ligne et recommence avec sa refonte. Votre site web, pour briller, a besoin de se trouver au cœur de vos processus d’affaires.

Faire des affaires (et du web) autrement

La différenciation est un facteur clé de la réussite d’une entreprise. « Faire des affaires autrement » est une mission que les grandes entreprises innovatrices ont su mettre en œuvre. Parmi les moyens de vous différencier, pourquoi ne pas choisir votre site Web? Développer une présence Web véritablement unique est une stratégie qui peut faire grandir votre entreprise. Faites de votre site web le héros de votre entreprise.

Nous, les enfants du Web

veille sur les réseaux sociaux

Le blog Framablog a attiré mon attention sur un texte écrit par Piotr Czerski, poète, auteur, musicien, informaticien et blogueur polonais. Publié il y a deux semaines  dans le journal local de Poméranie Dziennik Ba?tyck, son article qui a des allures de manifeste pour la nouvelle génération, les « enfants du Web ». Voici ce texte, traduit en français.

 

My, dzieci sieci - Piotr Czerski

Nous sommes les enfants du Web

We, the Web Kids.

Piotr Czerski (translated by Marta Szreder) – 11 février 2012 – CC by-sa
(Traduction Framalang : Clochix, Goofy, Lamessen et Xavier)

Il n’existe probablement pas de mot dont on a davantage usé et abusé dans le cirque médiatique que celui de « génération ». J’ai essayé un jour de compter le nombre de « générations » qui ont été claironnées au cours des dix dernières années, à commencer par la fameuse « génération perdue» ; je pense en avoir dénombré une bonne douzaine. Elles avaient toutes un point commun : elles n’existaient que sur le papier.

La réalité ne nous a jamais fourni le moindre signe tangible, symbolique et inoubliable d’une expérience commune qui nous permettrait de nous distinguer des générations précédentes. Nous l’avons attendu, mais en fait le véritable séisme est passé inaperçu, venant avec la télé par câble, les téléphones mobiles et surtout, l’accès à Internet. Ce n’est qu’aujourd’hui que nous pouvons appréhender pleinement à quel point les choses ont radicalement changé depuis les quinze dernières années.

Nous, les enfants du Web; nous qui avons grandi avec Internet et sur Internet, nous sommes une génération qui correspond aux critères de ce qu’est une génération subversive. Nous n’avons pas vécu une nouvelle mode venue de la réalité, mais plutôt une métamorphose de cette réalité. Ce qui nous unit n’est pas un contexte culturel commun et limité, mais la conviction que le contexte est défini par ce que nous en faisons et qu’il dépend de notre libre choix.

En écrivant cela, je suis conscient que j’abuse du pronom « nous », dans la mesure ou ce « nous » est variable, discontinu, nébuleux. Il signifie alors « beaucoup d’entre nous » ou « la plupart d’entre nous ». Quand j’écris « nous sommes » c’est pour dire que nous le sommes souvent. Je n’emploie « nous » que pour être en mesure de parler de la majorité d’entre nous.

Piotr Czerski

Piotr Czerski

Premièrement

Nous avons grandi avec Internet et sur Internet. Voilà ce qui nous rend différents.

Voilà ce qui rend la différence décisive, bien qu’étonnante selon notre point de vue : nous ne « surfons » pas et Internet n’est pas un « espace » ni un « espace virtuel ». Internet n’est pas pour nous une chose extérieure à la réalité mais en fait partie intégrante : une couche invisible mais toujours présente qui s’entrelace à notre environnement physique, une sorte de seconde peau

Nous n’utilisons pas Internet, nous vivons sur Internet et à ses côtés. Nous nous sommes fait des amis et des ennemis en ligne, nous avons préparé des antisèches en ligne pour passer des examens. nous avons prévu des soirées et des sessions de travail en ligne, nous sommes tombés amoureux et avons rompu en ligne. Le Web n’est pas pour nous une technologie que nous avons dû apprendre et sur laquelle nous aurions mis la main.

Le Web est un processus en constante évolution sous nos yeux ; avec nous et grâce à nous.

Les technologies voient le jour puis deviennent obsolètes, des sites web sont élaborés, ils émergent, s’épanouissent puis meurent, mais le Web continue, parce que nous sommes le Web ; c’est nous, en communiquant ensemble d’une façon qui nous est devenue naturelle, plus intense et efficace que jamais auparavant dans l’histoire de l’espèce humaine.

Nous avons grandi avec le Web et nous pensons de façon différente.

La faculté de trouver les informations est pour nous aussi évidente que peut l’être pour vous la faculté de trouver une gare ou un bureau de poste dans une ville inconnue. Lorsque nous voulons savoir quelque chose — depuis les premiers symptômes de la varicelle jusqu’aux raisons de la hausse de notre facture d’eau, en passant par les causes du naufrage de « l’Estonia » — nous prenons nos marques avec la confiance du conducteur d’une voiture équipée d’un système de navigation par satellite. Nous savons que nous allons trouver l’information dont nous avons besoin sur de nombreux sites, nous savons comment nous y rendre, nous savons comment évaluer leur crédibilité. Nous avons appris à accepter qu’au lieu d’une réponse unique nous en trouvions beaucoup d’autres, et dégager de celles-ci la plus réponse la plus probable, en laissant de côté celles qui ne semblent pas crédibles. Nous choisissons, nous filtrons, nous nous rappelons, et nous sommes prêts à échanger les informations apprises contre une autre, meilleure, quand elle se présente.

Pour nous, le Web est une sorte de disque dur externe. Nous n’avons pas besoin de nous souvenir des détails qui ne sont pas indispensables : dates, sommes, formules, clauses, noms de rues, définitions détaillées. Il nous suffit d’avoir un résumé, le nécessaire pour traiter l’information et la transmettre aux autres. Si nous avons besoin de détails, nous pouvons les consulter en quelques secondes. De la même façon, nous n’avons pas besoin d’être expert dans tous les domaines, car nous savons où trouver les spécialistes de ce que nous ne connaissons pas et en qui nous pouvons avoir confiance. Des gens qui vont partager leur savoir avec nous non pas pour l’argent, mais en raison de cette conviction partagée que l’information existe en mouvement, qu’elle doit être libre, que nous bénéficions tous de l’échange d’informations.

Et ce tous les jours : pendant nos études, au travail, lors de la résolution de problèmes quotidiens ou lorsque ça nous intéresse. Nous connaissons la compétition et nous aimons nous y lancer, mais notre compétition, notre désir d’être différents, sont construits sur le savoir, dans la capacité à interpréter et à traiter l’information, et non dans sa monopolisation.

Deuxièmement

Participer à la vie culturelle n’est pas quelque chose d’extraordinaire pour nous : la culture globale est le socle de notre identité, plus important pour nous définir que les traditions, les récits historiques, le statut social, les ancêtres ou même la langue que nous utilisons.

Dans l’océan d’évènements culturels que nous propose Internet, nous choisissons ceux qui nous conviennent le mieux. Nous interagissons avec eux, nous en faisons des citiques, publions ces critiques sur des sites dédiés, qui à leur tour nous suggèrent d’autres albums, films ou jeux que nous pourrions aimer. Nous regardons des films, séries ou vidéos, que nous partageons avec nos proches ou des amis du monde entier (que parfois nous ne verrons peut-être jamais dans la vie réelle). C’est pourquoi nous avons le sentiment que notre culture devient à la fois individuelle et globale. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin d’y accéder librement (NdT : le mot polonais original, swobodnego, semble bien faire référence à la liberté et non la gratuité).

Cela ne signifie pas que nous exigions que tous les produits culturels nous soient accessibles sans frais, même si quand nous créons quelque chose, nous avons pris l’habitude de simplement et naturellement le diffuser. Nous comprenons que la créativité demande toujours des efforts et de l’investissement, et ce malgré la démocratisation des techniques de montage audio ou vidéo. Nous sommes prêts à payer, mais les énormes commissions que les distributeurs et intermédiaires demandent nous semblent de toute évidence exagérées.

Pourquoi devrions-nous payer pour la distribution d’une information qui peut facilement et parfaitement être copiée sans aucune perte de qualité par rapport à l’original qui n’est en rien altéré par l’opération ?

Si nous ne faisons que transmettre l’information, nous voulons que le prix en soit adapté. Nous sommes prêts à payer plus, mais nous attendons en échange une valeur ajoutée : un emballage intéressant, un gadget, une meilleure qualité, la possibilité de regarder ici et maintenant, sans devoir attendre que le fichier soit téléchargé. Nous pouvons faire preuve de reconnaissance et nous voulons récompenser le créateur (depuis que l’argent a arrêté d’être sur papier pour devenir une suite de chiffres sur un écran, le paiement est devenu un acte d’échange symbolique qui suppose un bénéfice des deux cotés), mais les objectifs de vente des grandes sociétés ne nous intéressent pas pour autant. Ce n’est pas notre faute si leur activité n’a plus de sens sous sa forme traditionnelle, et qu’au lieu d’accepter le défi en essayant de proposer quelque chose de plus que nous ne pouvons pas obtenir gratuitement, ils ont décidé de défendre un modèle obsolète.

Encore une chose. Nous ne voulons pas payer pour nos souvenirs.

Les films qui nous rappellent notre enfance, la musique qui nous a accompagnés dix ans plus tôt. Dans une mémoire mise en réseau, ce ne sont plus que des souvenirs. Les rappeler, les échanger, les remixer, c’est pour nous aussi naturel que pour vous les souvenirs du film Casablanca. Nous trouvons en ligne les films que nous regardions enfants et nous les montrons à nos propres enfants, tout comme vous nous racontiez les histoires du Petit chaperon rouge ou de Boucle d’Or. Pouvez-vous vous imaginer que quelqu’un vous poursuive pour cela en justice ? Nous non plus.

Troisièmement

Nous avons l’habitude de payer automatiquement nos factures du moment que le solde de notre compte le permet. Nous savons que pour ouvrir un compte en banque ou changer d’opérateur téléphonique il suffit de remplir un formulaire en ligne et signer une autorisation livrée par la poste. Nous sommes capables d’organiser de longs voyages en Europe en à peine 2 heures. En tant qu’administrés nous sommes de plus en plus dérangés par les interfaces archaïques. Nous ne comprenons pas pourquoi, pour nos impôts par exemple, nous devrions remplir plusieurs formulaires papiers où le plus gros peut comporter plus de cent questions. Nous ne comprenons pas pourquoi nous devons justifier d’un domicile fixe (il est absurde de devoir en avoir un) avant de pouvoir entreprendre d’autres démarches, comme si les administrations ne pouvaient pas régler ces choses sans que nous devions intervenir.

Il n’y a pas trace en nous de cet humble consentement dont faisaient preuve nos parents, convaincus que les questions administratives étaient de la plus haute importance et qui considéraient les interactions avec l’État comme quelque chose à respecter obséquieusement. Ce respect ancré dans la distance entre le citoyen solitaire et la hauteur majestueuse dans laquelle réside la classe dominante, à peine visible là-haut dans les nuages, nous ne l’avons plus. Nous avons l’habitude d’entamer des discussions avec n’importe qui, qu’il s’agisse d’un journaliste, maire, professeur ou une pop star, et nous n’avons besoin d’aucun diplôme lié à notre statut social pour cela. Le succès des interactions dépend uniquement de savoir si le contenu de notre message sera considéré comme important et digne d’une réponse. Et si, par la coopération, l’esprit critique, la controverse, la défense de nos arguments, etc. nous avons l’impression que nos opinions sur de nombreux sujets sont bonnes voire meilleures, pourquoi ne pourrions-nous pas envisager de dialoguer sérieusement avec nos gouvernements ?

Nous ne ressentons pas un respect religieux pour les « institutions démocratiques » dans leur forme actuelle, nous ne croyons pas à l’irrévocabilité de leurs rôles comme tous ceux qui considèrent que les institutions démocratiques comme des objets de vénération qui se construisent d’elles-mêmes et à leur propre fin. Nous n’avons pas besoin de ces monuments.

Nous avons besoin d’un système qui soit à la hauteur de nos attentes, un système qui soit transparent, flexible et en état de marche. Et nous avons appris que le changement est possible, que tout système difficile à manier peut être remplacé par un plus efficace, qui soit mieux adapté à nos besoin en offrant plus d’opportunités.

Ce qui nous importe le plus, c’est la liberté. La liberté de s’exprimer, d’accéder à l’information et à la culture. Nous croyons qu’Internet est devenu ce qu’il est grâce à cette liberté et nous pensons que c’est notre devoir de défendre cette liberté. Nous devons cela aux générations futures comme nous leur devons de protéger l’environnement.

Peut-être que nous ne lui avons pas encore donné de nom, peut-être que nous n’en sommes pas encore complètement conscient, mais ce que nous voulons est une vraie et réelle démocratie. Une démocratie qui n’a peut-être jamais été rêvée par vos journalistes.

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Piotr Czerski

Seconde étape de la consultation sur la mise en œuvre des caractères français dans les noms de domaine .CA

L’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI) vient de lancer la seconde et dernière étape de sa consultation sur la mise en œuvre des caractères français dans les noms de domaine .CA (aussi appelés noms de domaine internationalisés ou IDN).

Les titulaires .CA et les internautes canadiens sont invités à partager leur rétroaction sur certaines modifications apportées au projet de politique de l’ACEI afin de contribuer à la mise au point de son plan en vue du lancement des IDN qui aura lieu plus tard au cours de l’année.

Alors qu’environ 350 commentaires sur le forum en ligne et que plus de 50 mémoires lui ont été transmis, l’ACEI a reçu une rétroaction hors du commun au cours cette première étape de consultation publique. L’ACEI a retenu les services du cabinet The Strategic Counsel pour l’analyse des réponses à la suite de la clôture de cette première étape. L’équipe en question a donc préparé le rapport présentant les faits saillants des réponses et résumant les principaux thèmes évoqués dans la rétroaction reçue. Ce rapport est consultable à consultationidn.ca.

« Les noms de domaine internationalisés sont essentiels pour permettre aux Canadiens d’enregistrer des noms de domaine dans les deux langues officielles au Canada et d’y accéder », a affirmé M. Byron Holland, président et chef de la direction de l’ACEI. « L’envergure de la rétroaction que nous avons reçue pendant la première étape de la consultation montre bien à quel point cet enjeu est important pour nos titulaires », a-t-il poursuivi.

Selon les commentaires reçus au cours de cette première étape de la consultation, l’ACEI a réexaminé son projet de politique sur le lancement des IDN en vue de la seconde de la consultation. La nouvelle proposition est consultable à consultationidn.ca. Les membres, les titulaires et les registraires .CA tout comme les internautes canadiens sont invités à communiquer leurs commentaires en ligne ou à transmettre un mémoire à ce sujet d’ici le 24 février 2012.

Contenus Web : stratégie et optimisation

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Le Web est avant tout un canal de communication. Agora riche en interactions, le Web est aussi plein de bruit, de rumeurs et de fureur : difficile parfois de s’y retrouver, de se faire entendre et, encore plus, de se faire comprendre. Pour aider les organisations à démêler un peu tout cela, à se concentrer sur les bonnes priorités lorsqu’il s’agit de communiquer sur Internet, je donne des ateliers de formation avec Annie Fernandez sur l’optimisation des contenus Web.

Voici un rapide aperçu du plan de cours, ainsi que de la présentation que j’utilise :

Optimisez votre contenu pour le Web – Plan de cours

En avant-midi, avec Christian Amauger, stratège web

1. Le contexte : le Web aujourd’hui
» « Web 2.0 », médias sociaux et mobilité
» Le concept : la présence Web : identité, visibilité et capital social
» La démarche : un peu de stratégie Web (objectifs, moyens, ressources)

2. Le dialogue : la notion de communauté
» Exercice pratique : définir sa communauté

3. Le fond : susciter une réaction
» La notion de conversion
» Exemples et astuces

4. La forme : optimiser le référencement
» Démêler la complexité du référencement
» Exemples et astuces

5. La manière : développer une relation
» Les pièges à éviter
» Les facteurs de réussite

En après-midi, avec Annie Fernández, présidente de Fernández Communication

1. L’importance du contenu pour un site réussi
» La base: le contenu
» Pourquoi et pour qui?
» Choisir son angle d’attaque
» Atelier pratique

2. L’importance d’un contenu pertinent et efficace
» Écrire pour être lu
» Écriture web et journalistique
» L’importance du titre
» Les mots-clés
» Choisir le bon mot
» Bonnes et mauvaises pratiques
» Atelier pratique

3. Actualiser le contenu: une priorité
» Mise à jour du contenu
» Référencement et les réseaux sociaux
» Le contenu: un investissement gagnant

D’autres ateliers seront donnés en février 2012. Pour connaître les dates et y participer, je vous invite à communiquer avec moi (christian.amauger@gmail.com) ou à vous inscrire à mon infolettre (ci-dessous).

 

 

Google : introduction des Pages Google Plus

Create a Google Page

Événement important : Google lance Google + pour les entreprises, une collection d’outils et de produits pour aider à développer sa présence Web. Au coeur de cette évolution : les pages Google +. Très attendues, seront-elles aussi prometteuses que les organisations le voudraient?

Create a Google  Page

Introduction des pages Google +

Afin de rendre votre site sur Google +, il faut d’abord créer une page de + Google. Sur votre page, vous pouvez interagir avec vos visiteurs, faire des liens vers vos dernières mises à jour, envoyer des messages  à groupes spécifiques de personnes (clients, employés, partenaires, etc.), et voir combien +1s vous avez obtenu à travers le Web.

Selon Google, « Les pages Google + vous aideront à bâtir des relations avec vos utilisateurs, en les encourageant à passer plus de temps s’engager avec votre contenu« . Pas vraiment de différence avec les pages Facebook pour l’instant.

Ce qui est plus intéressant, ce sont les outils Google qui s’intègrent ou vont s’intégrer à ces pages :

Google HangoutsHangouts : pour discuter avec votre communauté en mode vidéo – vous pouvez utiliser Hangouts pour organiser des forums en direct, présenter des nouvelles ou tout simplement apprendre à mieux connaître les membres de votre réseau, en temps réel.

 

Google CirclesCercles : comme pour les profils personnels, les Cercles vous permettent de diviser votre communauté en en petits auditoires. Vous pouvez ensuite partager des messages spécifiques à des groupes spécifiques. Par exemple, vous pouvez créer un cercle contenant vos lecteurs les plus fidèles et leur offrir des contenus exclusifs.

 

Les badges Google +

Pour aider vos utilisateurs à trouver votre page et commencer à partager, il ya deux boutons, vous pouvez ajouter à votre site en visitant l’outil de configuration de badge pour Google + :

  • Le Google + icône, une petite icône qui relie directement à votre page.
  • Le badge + Google qui sera introduit dans les prochains jours. Ce badge permet aux gens d’ajouter votre page de leurs cercles sans même quitter votre site, et leur permet d’obtenir les mises à jour de votre site via Google +.

Google +, plus de Google

Google ne va évidemment pas s’arrêter là : « Notre vision ultime pour Google + est de transformer l’expérience globale de Google – le tissage d’identité et de partage dans l’ensemble de nos produits« .

À compter d’aujourd’hui, Google offre une nouvelle fonctionnalité expérimentale à un petit groupe d’éditeurs admissibles, Google + Direct Connect – un moyen facile pour votre auditoire pour trouver une page Google + sur la recherche Google.

Si vous avez lié votre page à votre site et que vous êtes admissible, lorsque quelqu’un cherche le nom de votre site Web avec le signe ‘+’ avant, Direct Connect va diriger vers votre page. Par exemple, essayez de rechercher « + YouTube » sur Google. Les utilisateurs seront également invités à ajouter automatiquement les pages qu’ils trouvent à leurs cercles grâce à Direct Connect.

Créer une page Google + ne prend que quelques minutes. Vous pouvez consulter ma page Google +, ou celles des marques et organisations qui commencent à se positionner sur le réseau de Google :

Partner Logos

BurberryHMMacysPepsiABC NewsAmazonAssassins_CreedATTBreaking_NewsOrangeDC_ComicsDellNBC_NewsGol_Linhas_aerasKiaLOrealMarvelNYTimesPiagetShadyTmobileToyotaUniqloVirgin

L’introduction des pages Google + pourrait marquer un tournant majeur dans le positionnement de Google + face à Facebook. La capacité d’intégration des pages à d’autres outils (Maps, YouTube, Blogger, etc.) va probablement donner un avantage concurrentiel très fort à Google, mais il est encore trop tôt pour se prononcer.