Catégorie : Réseaux alternatifs

Speakerfile : une plateforme sociale pour les conférenciers

Speakerfile - Infographic

Speakerfile est une plateforme sociale qui met en relation des conférenciers et des organisateurs d’événements. Chaque conférencier qui s’inscrit sur la plateforme a l’occasion de se créer un profil détaillé et enrichi (background, expérience, style de présentation, domaines d’expertise, etc.). Vous pouvez vous inscrire rapidement en connectant votre compte LinkedIn à votre compte Speakerfile.

Speakerfile appraît donc comme un réseau social de niche, mais orienté vers les besoins concrets des conférenciers et des organisateurs d’événement. Speakerfile peut en effet s’avérer utile si vous cherchez un conférencier pour votre prochain colloque, ou si, en qu’en tant que conférencier vous cherchez une occasion de faire valoir vos talents d’orateur ou votre expertise.

Les 4000 conférenciers inscrits viennent de plus 70 pays, et couvrent plus de 10 000 sujets. L’Amérique du Nord est nettement plus présente que les autres régions du monde, la plateforme étant pour l’instant exclusivement en anglais. 8 des 10 villes les plus représentées sur Speakerfile sont nord-américaines.

Speakerfile Christian Amauger

Eh oui, je me suis créé un profil sur Speakerfile

Speakerfile se concentre sur les experts difficiles à dénicher, plutôt que sur les vedettes médiatisées. La plateforme peut donc être particulièrement utile pour les associations ou les organisations locales qui ont besoin de faire venir un expert pour présenter une conférence ou animer un atelier sur un sujet précis.

La plateforme peut également être utile pour les recherchistes en quête d’un expert pour une entrevue ou des conseils pour la rédaction d’un article de magazine.

L’utilisation de la plateforme est gratuite pour les organisateurs d’événements et les médias. Le financement de la plateforme est assuré par les entreprises et les agences via des abonnements premium qui donnent accès à des fonctionnalités complémentaires.

Voici une infographie créée par Speakerfile qui résument les dernières données de l’évolution de la plateforme (téléchargeable en format PDF en cliquant sur l’image).

Speakerfile - Infographic

Muxi : réseau social organisé par métier

muxi-reseau-social-par-metier

Muxi est un réseau social organisé par métier. Le projet s’inspire du modèle des confréries professionnelles, en proposant de récreer ce concept sur une plateforme sociale. Sur Muxi, les membres peuvent partager et publier du contenu, comme dans tout bon réseau social en ligne qui se respecte : des questions, des idées, des articles, des opportunités d’emploi. La plateforme est actuellement en mode « beta » et il faut obtenir une invitation pour s’inscrire.

muxi-reseau-social-par-metier

Une fois invité, vous pourrez rejoindre une fraternité correspondant à votre secteur d’activité et un cercle lié plus directement à votre métier. Vous ne pouvez rejoindre qu’une seule fraternité et qu’un seul des cercles qu’elle contient. Vous pouvez partager des informations (messages, documents, photos) à tous les membres de votre fraternité et/ou de votre cercle. Muxi est divisé en 68 cercles et 300 fraternités.

Fraternités et cercles fonctionnent par invitation. Toute personne appartenant à une fraternité peut inviter quelqu’un d’autre à rejoindre cette même fraternité. Les invités peuvent alors choisir leur propre cercle à l’intérieur de la fraternité.

muxi-fraternite-cercle

Vous pouvez publier du contenu à votre fraternité ou plus intimement à votre cercle. Les informations de la fraternités seront accessibles par tous les membres de la fraternités, celles du cercle réservées au cercle. Aucune des informations n’est disponible publiquement et vous vous engagez à ne jamais partager ces informations à l’extérieur. Ce qui est dit dans la fraternité reste dans la fraternité. Ce système de « cercles » n’est pas sans rappeler celui de Google Plus.

L’idée est de faciliter la construction d’un réseau professionnel basé sur la collaboration et l’échange d’informations entre pairs. Encore très jeune dans son développement, le projet Muxi est une initiative intéressante dans son approche structurante. Une nouvelle version de la plateforme est en construction, ainsi que, bien sûr, une application mobile.

muxi-application-mobile

On peut suivre l’évolution et l’actualité de Muxi sur son blog, sur Twitter et sur Facebook. Vous pouvez demander une invitation sur le site de Muxi.

 

Vers les musées 2.0 (1ère partie)

Versailles_MarieAntoinetteDeLorraineHabsbourg-LouiseElisabethVigée-Lebrun

Les musées, comme toutes les organisations, sont amenés à évoluer à l’ère numérique. Avec tous les enjeux – technologiques, budgétaires, humains – que cela comporte. Et avec comme premier enjeu, la redéfinition de leur rôle. Je le mentionnais dans Google Art Project : la belle et la critique. C’est quoi aujourd’hui, un musée?

J’ai posé la question sur les réseaux sociaux.

Pour vous  un musée c'est quoi?

Voici quelques réponses sur Twitter :

@samuelbausson : une boite de trucs poussiéreux et aussi un concentré d’émotions et de mémoires partagées au coeur de notre humanité
@FeeeCarabosse : à froid ? un médiateur de patrimoines
@bizcom : lieu de culture ou le savoir est partagé et vulgarisé
@isa2886 : un endroit qui sent légèrement la poussière, j’ai envie de dire… #RepresentationsQuandtunoustiens
@Luziadell : un endroit où je vais pour voir de belles choses et apprendre 🙂

Réponses obtenues sur Facebook (je préfère conserver l’anonymat des intervenants):

 

  • Un coffre aux trésors !
  • Une sauvegarde de la sagesse de l’humanité !
  • Un moment de repos, un lieu de découvertes, un tour du monde, un tour du temps…
  • Un lieu de découverte et d’apprentissage
  • L’art à son meilleur. Tableaux de grands maîtres dans une ambiance, disons théâtrale.
  • Un lieu de démocratisation de l’Art.
  • C’est pas le masculin d’une muse?
  • Un lieu permettant de découvrir et mieux comprendre l’art.
  • Le partage du savoir quelqu’il soit, des Arts, des Sciences, des Techniques.
  • Outre des oeuvres d’art, un musée peut contenir aussi des objets qui présentent un intérêt culturel des temps passés – genre amphores romaines presque pas ébréchées 😉
  • J’ai perçu les musées visités comme une place « d’officialisation » de l’a…rt, dans une ambiance un peu lourde et solennelle – peut-être parceque je ressens la nécessité de vivre l’art au quotidien.

Définition de Marion Sabourdy de Knowtex

Plus pragmatique : un endroit où on expose des choses. Il y a aussi des muséum d’histoire naturelle, des musées du sport, de plein de choses en fait, sans oublier les anciens cabinets de curiosités…
Le lieu contient, entrepose, expose. Les médiateurs mettent en valeur et en perspective (« de la conservation à la conversation » comme dit Samuel Bausson, du Muséum de Toulouse) et le site internet présente les coulisses et fait rayonner le musée.

Définition de Charles Eon d’Exponaute

Pour nous, un musée est tout à la fois un lieu de conservation et un lieu d’exposition. Les collections du musée sont le témoin de de notre patrimoine culturel, dont la richesse est présentée au public au travers d’expositions. C’est justement pour permettre à chacun de découvrir cette richesse, pour faciliter l’accès aux musées, que nous avons créé Exponaute.

Définition de Samuel Bausson, webmestre au muséum de Toulouse
(extrait de Samuel, le museo-geek aux grandes oreilles sur le blog de Knowtex)

Lorsqu’on lui demande sa définition d’un musée, il répond « un lieu de mémoire partagée, une plateforme d’échanges entre visiteurs et personnels du muséum autour des thématiques du musée, et non pas uniquement une galerie d’objets. Selon lui, « entrer dans le relationnel n’est pas une pratique courante pour les musées ». Alors, cette philosophie marche-t-elle en pratique ? Apparemment, oui. « Au début, il y avait beaucoup de « kikoolol », de discussions pas très sérieuses, sourit à moitié Samuel, mais plus tu es ouvert, plus le dialogue prend. De plus, il est plus intéressant de rebondir sur l’intérêt des gens plutôt que d’expliquer, d’imposer d’emblée, ce qui est considéré comme digne d’intérêt par l’institution…».

Une réflexion qui mène jusqu’à la redéfinition des rôles entre visiteurs, objets, direction du musée, « pour sortir des dichotomies » entre collections et « grand public ». Les réseaux sont une chance pour les musées qui y ont toute leur place avec leurs contenus riches à proposer aux communautés d’internautes « là où elles sont ». Une expression résume bien les idées de Samuel sur les nouveaux musées : « de la conservation à la conversation ».

 

Et pour vous, un musée, c’est quoi? Lire la suite : Vers les musées 2.0 (2éme partie)

Exponaute : la plateforme sociale interactive des expositions et des musées

exponaute-guide-des-expositions-et-des-musées

Exponaute est le premier site de recommandations sur les expositions en France. Plateforme interactive et sociale, Exponaute permet de découvrir et choisir les meilleures expositions du moment grâce aux avis de la presse, des visiteurs et des amis. Le site centralise tous les renseignements sur les expositions en cours et à venir dans tous les domaines : architecture, peinture, sculpture, art contemporain, design, etc.

Les amateurs retrouveront sur ce site :

  • toute l’actualité des expositions et des musées
  • les critiques de la presse et des visiteurs
  • des photos et des vidéos en avant-première
  • un accès direct à l’achat des billets et des catalogues

Les membres peuvent en outre partager leurs avis et organiser très simplement leur agenda culturel. Les médias sociaux ont été particulièrement bien intégrés au site (Facebook notamment, ce qui va de soit). Tout lieu d’exposition peut s’inscrire gratuitement sur le site et administrer ses expositions.

exponaute - guide des expositions et des musées

Chaque exposition possède sa propre fiche d’information complète : description, contenus associés (vidéo, photo, etc.), critiques de la presse, informations pratiques, etc. L’internaute intéressé peut ensuite facilement acheter ses billets en ligne.

exponaute - guide des expositions et des musées

L’utilisation de fonctionnalités complémentaires est très intéressante. Ainsi, la boutique en ligne, propulsée par Amazon, permet d’acheter des produits (DVD, livres, catalogues, etc.) en lien avec les expositions. L’internaute « social » y trouve également son compte, en organisant facilement une visite au musée (en créant tout simplement un événement Facebook). L’amateur de contenus lira avec intérêt le magazine en ligne (le blog, quoi) ou l’actualité des expositions.

Magazine   exponaute

Le site a été mis en ligne à l’été 2010 et la fréquentation d’exponaute est en progression constante :

  • Janvier 2011 : 75.000 visiteurs uniques par mois, 5000 membres
  • Mars 2011 : 100.000 visiteurs uniques par mois, 6.000 membres

De plus en plus de villes et de musées sont référencées, ce qui aménera prochainement Exponaute à repenser son explorateur pour permettre une navigation géographique plus agréable.

L’Exponaute est vraiment un beau site, bien fait, et qui exploite avec simplicité et efficacité les outils du web social. À découvrir!

 

Knowtex : Entrevue avec Nicolas Loubet

Knowtex le réseau social de la culture scientifique et technique

Le mois dernier je faisais une présentation de Knowtex, réseau social de la culture scientifique et technique. Un des créateurs du réseau, Nicolas Loubet, de l’agence de communication Umaps, a répondu à quelques-unes de mes questions.

Quelques mots de présentation?

Destiné à faire de la recherche en géosciences, je me suis très tôt intéressé aux activités de vulgarisation, de communication et de médiation des sciences. Au cours de mes études, j’ai eu l’occasion de monter une association ayant pour but de réfléchir et expérimenter dans le domaine.

Avec les membres actifs de cette association, j’ai fondé l’agence Umaps Communication où je suis consultant. Ma spécialité : la communication sur les médias sociaux pour les acteurs de la recherche et de l’innovation.

Je supervise ainsi les études stratégiques de l’agence pour le compte d’entreprises, d’universités, de musées, d’instituts et d’associations.

(voir le profil complet de Nicolas Loubet sur Viadéo)

Wikipedia vient de fêter ses 10 ans. Quel avenir pour cette encyclopédie participative ?

Pour avoir participé aux rencontres Wikimedia début décembre à Paris, je pense que l’avenir de Wikipedia se joue d’abord dans les collaborations engagées par la fondation Wikimedia. Exemple en France le partenariat avec la Mairie de Toulouse.

En 2010, Wikimédia France a signé une convention avec la mairie de Toulouse dans le but de développer les initiatives et partenariats des institutions culturelles avec Wikimédia France.

Sans aucun doute, les institutions culturelles ont du potentiel pour développer des collaborations intelligentes. On peut même imaginer un écosystème de (petites) boites autour de ces collaborations. Je pense par exemple à AudioGuidia.

Je vois bien arriver de nouveaux profils qui jouent le rôle de « go-between » entre Wikimedia et les acteurs culturels.

En effet, de nouvelles plateformes émergent. L’une d’entre elles, Qwiki, commence à faire parler d’elle. Qu’en penses-tu  ?

Je ne l’ai pas utilisé mais la bande-annonce est assez séduisante 😉 Je suspends donc mon jugement en l’état.

Qwiki

Que penses-tu de Quora ?

Je viens à peine d’être inscrit. Une idée simple qui semble beaucoup plaire aux blogueurs (cela me fait d’ailleurs penser à un club international des blogueurs). Sur le long terme, j’attends surtout le développement du multilingue (français !).

Si on peut embedder les discussions Quora sur des sites tiers, il est possible que cela devienne populaire…

Quel est ton opinion sur le buzz généré autour du fameux « content curator« ?

C’est ce que j’essaie d’être… Les outils qui m’intéressent le plus, en l’état actuel des choses, sont ceux qui facilitent précisément la consultation des (considérables) ressources sur le web. Je suis, par exemple, fan de StumbleUpon.

Au delà du buzz (que je serais bien incapable d’expliquer dans l’immédiat), cela me semble être une tendance lourde qui se raccroche (peu ou prou) aux initiatives qui se revendiquent du data journalism et de la « géographie de l’information ».

Knowtex le réseau social de la culture scientifique et technique

Où se situe Knowtex dans tout cela ?

Knowtex est une petite communauté qui s’est donné pour objectif de créer du lien entre les acteurs de la recherche, de l’innovation et de la culture scientifique. Sur le plan technique, nous nous inspirons de « toutes » les bonnes pratiques.

Nous avons des lacunes sur la recherche et les conversations. Nous allons essayer des les combler par la navigation (nous venons de lancer en beta une barre de navigation qui s’inspire de StumbleUpon) et la mise en place de forums.

Plus encore, sur le modèle de Wikimedia, nous allons nous rapprocher des acteurs (recherche, culture). Des collaborations sont dors et déjà engagées. Cela pourrait aider ces acteurs à penser leur stratégie sur les médias sociaux. #noeasy

Knowtex devrait encore pas mal bouger 😉 #objetmutant

L’esprit Wiki, intelligence collective et wikis de territoires

wikipedia

Le samedi 22 janvier 2011, l’association Bug et Wikimedia France organisaient une rencontre sur « l’esprit Wiki » à la Cantine numérique rennaise. Ce rendez-vous avait pour objectif de « parcourir la galaxie Wiki, wikipedia comme producteur d’intelligence collective, les projets de la fondation Wikimedia et ses avatars territoriaux, comme Wiki-Rennes. » Près de cinquante personnes ont participé à l’événement.

Pour un compte-rendu plus exhaustif, je vous invite à lire : L’esprit wiki : intelligence collective, Wikimedia et wikis de territoire par Régis Chatellier.

Je souligne ici quelques passages particulièrement intéressants de ce compte-rendu.

Anders Sandberg : la diversité est supérieure à l’expertise

Sur l’intelligence collective, Anders Sandberg (chercheur en neurosciences «computationnelles», membre actif du mouvement transhumaniste) considère que la diversité est supérieure à l’expertise. Si l’on compare dans le temps le niveau de qualité d’un article produit par un groupe composé exclusivement d’experts à celui produit par un collectif d’individus divers, comme c’est le cas sur Wikipedia, on se rend compte que le niveau d’un article rédigé par des experts initialement de meilleure qualité, sera finalement dépassé.

Le groupe d’expert va stopper sa progression à un moment donné, pensant avoir produit un « bon article », le groupe divers va au contraire interroger le sujet avec plus d’intensité et de variété dans les approches, permettant à terme de produire des contenus inédits.

À partir de cette analyse, Anders Sandberg avance que les méthodes utilisées par Wikipedia sont productrices d’intelligence collective, et de conclure : «Ne faudrait-il pas essayer de faire sortir les techniques propres à Wikipédia et les appliquer au monde réel, notamment aux institutions ?»

wikipedia

Wikipedia, un modèle de co-construction et de travail participatif inédit

Wikipédia fête ses dix ans en 2011, et les sites qui y sont rattachés sont presque entièrement construits par des bénévoles. La Wikimedia Foundation ne compte que 66 salariés, ses revenus sont issus uniquement des dons de contributeurs anonymes et parfois d’entreprises, sans aucun recours aux revenus publicitaires. À titre de comparaison, Google compte 4 000 salariés.

« C’est un modèle unique que celui des projets de Wikimedia, basé sur le groupe et la discussion : si les règles d’admissibilité sont strictes sur l’encyclopédie participative, elles sont le fruit de longs débats – parfois virulents – entre les contributeurs bénévoles. Les quelques salariés ne jouent aucun rôle là-dedans, ils n’en auraient de toute façon pas les moyens. »

« Bien plus qu’une série d’articles, Wikipedia est un modèle de co-construction et de travail participatif inédit à une telle échelle, où chacun a le loisir de participer et de s’investir. »

Les wikis de territoire, contraints dans leur espace géographique, mais plus libres dans leur contenus.

Les wikis de territoire on fait leur apparition en France en 2006 à Brest. Wiki-Brest, les carnets collaboratifs du Pays de Brest, initié en mars 2006, totalise 16 888 pages illustrées par 8 825 images, sons et vidéos.

Les wikis de territoire sont « liés à un espace géographique : territoire, commune, région. Initiés par une collectivité territoriale, une association ou des bénévoles ils visent à développer une écriture collaborative sur un territoire. » Vingt et un wikis de territoires sont recensés aujourd’hui en France, on en trouve également en Allemagne, en Espagne ou aux États-Unis.

Chacun développe sa « personnalité », en fonction des aspirations de leurs instigateurs ou de leurs contributeurs, plutôt encyclopédique, à vocation touristique ou facteur d’animation du territoire.

Ouverts à des contenus encyclopédiques, les wikis de territoire peuvent s’ouvrir à des contenus plus « sensibles », ayant trait à la mémoire individuelle et collective. Les wikis de territoires sont contraints dans leur espace géographique, mais plus libres dans leur contenus.

Wikis de territoire : de la masse critique à l’animation

Alors que le succès de Wikipedia se fait par la masse critique et l’engagement des contributeurs, le wiki de territoire nécessite un travail d’animation, « une personne physique dédiée au projet qui va au devant du public. » C’est à cette condition que ces projets locaux peuvent fonctionner, donnant aux contributeurs, moins nombreux, le loisir de participer chacun selon leurs envies et leurs moyens (en temps notamment).

« Dans tous les cas, on retrouve ce même esprit de partage et de coconstruction, le fameux «esprit wiki », l’idée selon laquelle nous sommes plus intelligents collectivement, chacun a sa pierre à apporter à l’édifice, chacun est légitime pour écrire et participer à un projet collectif. » – Régis Chatellier

Sources :

L’esprit wiki : intelligence collective, Wikimedia et wikis de territoire par Régis Chatellier

Wiki-Brest, les carnets collaboratifs du Pays de Brest

Knowtex : réseau social de la culture scientifique et technique

Knowtex le réseau social de la culture scientifique et technique

Les réseaux sociaux en ligne deviennent de plus en plus présents dans nos vies. Nous connaissons tous Facebook, Twitter, YouTube ou encore LinkedIn. Ce sont les réseaux les plus populaires. Mais il y en a des centaines d’autres, pour tous les secteurs d’activité, pour tous les goûts. Cette rubrique est une exploration de ces réseaux alternatifs.

Un réseau thématique

Je vous invite à découvrir Knowtex, le premier réseau social francophone de la culture scientifique et technique, créé en 2009. Il s’agit d’un « réseau de niche », ou thématique, qui vous permet de découvrir, partager et organiser vos connaissances sur les sciences, la recherche et l’innovation. Le site propose un grand nombre de liens aux sujets et formats variés, référencés par les membres de la communauté.

Knowtex   le réseau social de la culture scientifique et technique

Une initiative de l’agence Umaps

Knowtex est une initiative de Umaps. Cette agence française, basée à Montreuil, se présente comme une médiatrice de la culture scientifique.

Médiatrice entre les acteurs de l’innovation technologique (laboratoires, entrepreneurs, industries), leurs parties prenantes (décideurs, médias, partenaires) et leurs clients. Médiatrice entre les acteurs de la culture scientifique et technique (associations, centres de science, universités…) et les passionnés de sciences.

L’équipe de l’agence est marquée par une double culture de la R&D et de la communication. Dotés pour la plupart d’une formation uniservistaire classique, les membres de l’équipe utilisent les outils du Web social et de la communication multimédia pour populariser les produits et services issus de la recherche scientifique.

Un agrégateur éditorialisé

Depuis novembre 2010, la page d’accueil du site met en valeur une sélection thématique de liens. Les partenaires de Knowtex, OwniSciences, universcience.tv et tout récemment Exponaute sont également mis en valeur. Chaque jour un thème différent nous est présenté, dans un environnement au graphisme épuré et soigné soutenu par une belle recherche iconographique.

Au delà du design très actuel, Knowtex se différencie par la qualité de ses contenus et des liens partagés. Nous sommes loin des photos de vacances et des vidéos de chat qui grimpent au rideau. Ici, on parle d’hydrologie, de biodiversité, de réalité augmentée, de serious gaming. Il s’agit donc d’un agrégateur de contenus, mais avec une sélection et une organisation intéressantes.

Pour ajouter (ou « référencer ») un lien à Knowtex, il suffit de remplir quelques informations (mots clés par exemple). C’est évidemment plus facile et rapide d’indexer un lien d’un site bien structuré! On retrouve ici un fonctionnement semblable à StumbleUpon.

Référencer un nouveau lien sur Knowtex

Chaque lien sur Knowtex peut être facilement évalué, ajouté à une liste ou partagé sur les autres réseaux sociaux via une barre d’outils.

Knowtex - barre d'outils

Notons également la présence d’un blog très riche, animé par Marion Sabourdy. Le blog a présenté un « Tour de France » des initiatives de culture scientifique en région, notamment à Bordeaux, Toulouse, Saint-Ouen, Limoges, Saint-Etienne, Lyon et Lille.

« Les initiatives en région nous intéressent beaucoup, nous nous appuyons sur notre réseau d’étudiants en journalisme et médiation scientifique en région pour rédiger d’autres reportages. Un dossier sur Strasbourg est actuellement en préparation et devrait être publié dans les prochains jours. » – Marion Sabourdy, community editor

Le blog de Knowtex ne se limite pas à des articles rédigés par l’équipe. Il est en effet ouvert aux invités : journalistes, chercheurs, directeurs de centres de sciences,, étudiants, etc. peuvent proposer des billets sur la culture scientifique et technique.

« Nous comptons pour l’instant 25 auteurs sur notre blog, dont un vivant au Japon et un autre au Canada, et souhaitons en accueillir bien plus. » – Marion Sabourdy, community editor

L’appel est lancé pour ceux qui veulent donc contribuer de leur plume.

Le blog Knowtex

Une présence sociale plurielle ou dispersée?

L’équipe de Knowtex s’implique sur Twitter, Facebook, FlickR, Slideshare, Jamespot, Scoopeo, Delicious, Vimeo. Un portail Netvibes sur la culture scientifique et technique a également été ouvert en décembre dernier. Cette présence sociale permet à l’équipe de tester différentes formes de médiation. Cette démarche est cohérente avec l’objectif du réseau :

« Notre but est de faire découvrir et dialoguer les gens sur la science. » – Marion Sabourdy, community editor

Néanmoins, cela fait beaucoup de canaux et je crains que cela diffuse et disperse un peu trop le message. Selon moi, la plateforme Knowtex bénéficierait d’une meilleure intégration avec les réseaux, et devrait essayer de ramener les internautes vers elle plutôt que de les laisser consommer l’information via les canaux habituels.

Un réseau de qualité, mais encore modeste

Malgré sa qualité, le réseau reste encore de très petite taille : 1370 membres en janvier 2011. Mais des membres très actifs : on y trouve plus de 3200 sources et plus de 16000 liens.

« Les évolutions du site sont impulsées par nos collaborations avec les différents médias, les événements auxquels nous prenons part ou même par les membres eux-mêmes quand ils souhaitent être partie prenante de l’aventure. » – Marion Sabourdy, community editor

Tout cela fait de Knowtex un beau laboratoire, aux contenus ciblés et à la démarche expérimentale. Nous avons toujours tendance à nous extasier sur le dernier gadget social du moment (Twitter, Foursquare, Quora, …) mais je trouve que le développement d’une communauté ciblée est bien plus stimulant. Une initiative à suivre pour 2011.

Si les sciences et la technologie vous intéresse, allez y faire un tour!

Knowtex en chiffres (au 19 janvier 2011)

    1377 membres au total
    270 membres actifs (qui ont référencé au moins un lien)
    100 membres « très actifs » (qui ont référencé plus de 10 liens)
    Plus de 16200 liens
    Plus de 650 weblists
    3280 sources
    80 articles de blog
    115 000 visites depuis janvier 2010 (date d’ouverture au public de Knowtex)