Facebook vaudrait 50 milliards de dollars (et alors?)

Mark Zuckerberg a été consacré l’homme de l’année 2010 par le Times. Sa création, Facebook, vaudrait aujourd’hui plus de 50 milliards de dollars. Enthousiasme médiatique et financier pour un réseau qui occuple une place croissante sur le Web. Nouveau géant ou réseau parmi d’autres?

Une place croissante sur le Web

Cette évaluation fait suite à l’investissement de Goldman Sachs et d’un investisseur russe. L’entreprise vaudrait donc aujourd’hui plus que Time Warner, eBay ou Yahoo! Le reflet de la place croissance qu’occupe Facebook sur le Web.

En effet, 70% des internautes américains utilise le réseau social le plus populaire sur la planète, et plus de la moitié d’entre eux de manière quotidienne. Avec plus de 550 millions d’utilisateurs, Facebook domine largement la sphère du Web social en termes de volume.

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Au cours de la dernière année, il faut également noter le rôle croissant de Facebook comme catalyseur de trafic Web. Ainsi, Facebook génère 7.7% du trafic vers les sites d’Amazon, soit une augmentation de 328% en un an (Google génère 19,6% de ce trafic).

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Même chose pour eBay : Facebook apporte 4,7% des visites, soit une croissance de +81% (Google génère 11,4% du trafic).

FB-EBAY

La grande séduction du « I like »

Facebook propose déjà une pléthore d’outils aux développeurs Web pour faciliter l’interaction entre leur site et le réseau social : bouton « I like », Facebook Connect, partage de commentaires, etc. Des outils complémentaires viennent également rivaliser avec les grands concurrents : Google avec Facebook Places, Wikipedia avec les pages communautaires.

Facebook vise à accroître la synergie entre sa plateforme et les sites Web. Pour pérenniser sa domination, Facebook va avoir besoin d’offrir toujours plus de valeur ajoutée.

Nul besoin d’être prophète pour dire que 2011 sera une année déterminante dans la lutte entre Google et Facebook.

Un colosse aux pieds d’argile?

Je ne suis pas un détracteur de Facebook. Je n’ai pas envie de faire les rabats-joie. Je pense qu’il faut rester prudent face à l’enthousiasme médiatique que soulève le réseau social. On prédisait un avenir radieux à MySpace, on faisait les louanges de Google Wave.

Facebook est nécessairement fragile, car les technologies évoluent très vite et les habitudes des utilisateurs de ces technologies également. Admettons-le, nous autres internautes avons le temps d’attention d’un poisson rouge.

Facebook, un réseau parmi d’autres

Le Times a fait selon moi une erreur en faisant de Mark Zuckerberg la personnalité de l’année. L’honneur aurait du être attribué à sa création et aux millions d’utilisateurs. Les médias traditionnels s’accrochent encore beaucoup aux catalyseurs, à l’incarnation d’un phénomène plutôt qu’au phénomène lui-même.

Le réseau social, ce n’est pas Mark Zuckerberg. Ce n’est pas Facebook. C’est l’émergence, le développement et la consolidation de multiples communautés en ligne. Facebook est en aujourd’hui la tête de proue, mais pas le navire, ni l’équipage.

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