Auteur : Christian Amauger

Bing au Canada

Bing est encore très loin de faire de l’ombre à Google en termes de parts de marché. En France, en juillet 2009, près de 90% des recherches sont effectuées via Google, contre seulement 4% pour le moteur de Microsoft.

Aux États-Unis, Bing fait un peu mieux avec presque 9% de part de marché. Les Américains sont en effet moins accrochés à Google que les Français : ils utilisent aussi Yahoo! (19,3%), Ask (3,9%) et AOL (3%). Près des deux tiers (64%) des recherches passent tout de même par Google.

Curieusement, la situation au Canada est plus proche de celle de la France que de celle des États-Unis. En effet, Google totalise (avec Google.com et Google.ca) près de 80% des parts de marché, laissant l’association Bing/Live.com (9%) Yahoo! (7%) loin derrière.

Ces statistiques sont tirées d’une enquête de Hitwise sur le comportement des internautes canadiens en matière de recherche sur Internet. Elle dresse notamment un bilan de l’efficacité des moteurs de recherche.

Selon les résultats de cette enquête, le moteur qui donnerait les résultats les plus satisfaisants pour les Canadiens serait… Bing, avec un taux de satisfaction de plus de 78%. Google Canada serait troisième, derrière Yahoo! Canada. Évidemment, cela démontre que les moteurs de recherche locaux répondent mieux aux attentes des internautes. Une évidence, certes, mais qui doit tout de même être prise en compte lorsque plus d’une recherche sur quatre au Canada se fait par l’intermédiaire d’un moteur de recherche local.

Reste le fait que Bing parvient à surpasser tous les autres moteurs dans cette enquête. La portée de l’étude n’est pas suffisante pour permettre de faire des conclusions, ni même des prédictions, mais cela donne envie de s’intéresser davantage aux rouages de la nouvelle créature de Microsoft, non?

1,2,3… Web

Interpellé par un journaliste lors d’une conférence au Forum Digital de Séoul en 2007, le président de Google Éric Schmidt donna sa vision personnelle du Web 3.0. Il prophétisa que le futur du Web sera composé d’un ensemble d’applications modulaires, rapides et personnalisables, distribuées de manière virale et accessible sur tout et partout. Il mettait ainsi l’emphase sur l’interopérabilité, l’importance des technologies mobiles et la nécessaire simplification du développement logiciel. Évidemment, cette vision du futur servirait les objectifs de long terme de Google, et les clairvoyants pouvaient déjà entrevoir dans les propos d’Éric Schmidt l’ombre de Chrome OS qui se profilait à l’horizon.

Google a donc sa propre définition du Web 3.0, en tant que « futur du Web ». Est-ce que ce Web 3.0 ne pourrait pas être défini de manière plus objective, plus certaine? En faisant le tour des publications portant sur le sujet, nous pouvons rapidement conclure que chaque auteur, chroniqueur et autre gourou du Web possède sa propre définition du mystérieux concept.

Web 1.0, Web 2.0, Web 3.0… La naissance du Web 1.0 est généralement située au début des années 90, et le passage au Web 2.0 en 2004. Le Web 3.0 devrait connaître le jour dans les années à venir. Ces « phases » sont évidemment arbitraires. Derrière ces expressions se cachent tout un ensemble d’évolutions technologiques, de pratiques sociales et culturelles, d’enjeux économiques – bref, un ensemble de facteurs permettant à Internet d’évoluer, mais qu’il serait difficile – et sans doute absurde – de démêler.

Si on se place d’un point de vue strictement chronologique, il n’y a pas là non plus de frontière claire entre les trois paliers du Web. Les dates sont toujours utiles pour servir de points de repères, mais il faut faire attention à ne pas les employer de manière à déformer ou simplifier une réalité complexe. Prenons 1492, par exemple, qui sert souvent à marquer le début de la Renaissance. En se basant sur cette date pour jalonner cette phase de renouveau culturel en Europe, on serait tenté de conclure hâtivement que c’est la découverte des Amériques qui a été le facteur déterminant de cette période. Or la chute de Constantinople ou l’invention de l’imprimerie n’ont-ils pas été des événements tout aussi importants?

La notion de Web 2.0 a été initiée en 2004 par Tim O’Reilly, lors de la conférence Web 2.0. Internet était alors en crise, après l’explosion de la fameuse bulle spéculative. Les adeptes du Web, catastrophés, ne savaient plus à quel saint se vouer. Heureusement que Tim O’Reilly était là pour leur redonner le moral, et donner l’impulsion d’une nouvelle vision du Web basée sur l’intelligence collective. Le Web social était né.

Grâce à des technologies comme Java, RSS et CSS, les internautes ont pu bénéficier de davantage d’interactivité, les sites sont devenus dynamiques et les réseaux sociaux ont donné naissance à de nouvelles formes de collaboration.

Aujourd’hui, nous avons grâce au Web accès à un océan d’informations et de données et la possibilité de faire toujours plus en ligne (acheter des vêtements, s’abonner à un magazine, partager ses photos de vacances, trouver l’âme sœur, payer ses impôts, raconter sa vie, etc.). Au risque de se trouver submergés par toutes ces informations et ces sollicitations et de devenir « infobèses ».

D’un point de vue technique, la multiplication des formats et des métadonnées, les problèmes d’accessibilité et le manque de communication entre les différentes bases de données existantes sont des limites de taille à l’évolution du Web.

L’explosion de la quantité des contenus disponibles pose en effet un grave problème de recherche de l’information. Et pour être trouvées, les informations doivent être correctement indexées, répertoriées, classifiées. Une classification nécessite des règles, des standards, qui sont encore très peu présents, malgré tous les efforts du W3C.

Le World Wide Web Consortium milite en effet depuis plusieurs années pour le développement du Web sémantique, un terme qu’on associe beaucoup au concept de Web 3.0. L’objectif est de rendre le Web plus intelligent, en améliorant l’indexation des informations. Le Web sémantique repose sur l’application de standards stricts et la création d’écosystèmes de données (Linked Data). Le mot d’ordre est donc interopérabilité.

Évidemment, l’introduction de nouvelles pratiques d’indexation nécessite un travail considérable pour les éditeurs et créateurs de contenus. Comment faire pour « sémanticiser » ces milliards de pages Web? Tant que Google fonctionne, l’idée de se mettre à retravailler toutes les métadonnées de toutes les pages et contenus Web n’attire pas les foules… Google n’a jamais été très enclin à se diriger vers le Web sémantique. La situation est en train de changer, avec la compétition de Bing notamment.

Mais il faut faire attention à ne pas confondre nécessairement Web 3.0 et Web sémantique. Comme le Web 2.0, le Web 3.0 sera le fruit de l’émergence et de la diffusion de plusieurs technologies, notamment les technologies mobiles haute vitesse, la géolocalisation et le « cloud computing ». Si le Web 2.0 place l’utilisateur au cœur du système, le Web 3.0 sera davantage orienté sur les données.

En attendant sa naissance, les « gourous du Web » ont créé un nouveau concept : le Web au carré (« Web squared »), une sorte de transition pour faire patienter ceux qui trouvent que le Web sémantique n’arrive pas assez vite à leur goût.

Humain, trop humain…

Internet a toujours été considéré comme un médium « froid », c’est-à-dire distant, déshumanisé. Tous les départements de marketing et de communication font donc bien attention à rendre leur site Web bien humain. Encore plus s’ils œuvrent dans le domaine des technologies. Pensez-y donc, un « produit froid » sur un « médium froid », on approche des surgelés…  Le résultat : le mot d’ordre devient alors « humanisez ! » La manière la plus simple : mettre des photos de « vraies gens » (en passant par istock bien sûr, où les vraies gens sont pas chers). Toutes sortes de tactiques, plus ou moins subtiles, ont été employées pour « humaniser ».

Je ne pense pas que cette stratégie soit vraiment efficace aujourd’hui (l’a-t-elle jamais été?). De nos jours, il me semble que le Web assume cette froideur inhérente à sa nature en la dépassant par une vocation on ne peut plus humaine : socialiser. Eh oui, le Web est devenu social, comme les robots d’Asimov ou le monstre de Frankenstein…

Une pincée de chiffres : Facebook

Voici quelques statistiques pour le réseau social Facebook (chiffres de l’été 2009).

Monde

250 millions d’utilisateurs actifs (65 millions en janvier 2008)

120 millions de connexions à Facebook chaque jour

Un utilisateur moyen a 120 amis

55% des utilisateurs sont des femmes

52% des utilisateurs se connectent au moins une fois par semaine

200 applications Facebook ont plus d’un million d’utilisateurs actifs

2,5 millions d’événements créés chaque mois

45 millions de groupes d’utilisateurs actifs

1 milliard de photos partagées chaque mois (700 millions en janvier 2009)

10 millions de vidéos partagées chaque mois (4 millions en janvier 2009)

30 millions d’utilisateurs mettent à jour leur statut au mois une fois par jour

30 millions d’utilisateurs se connectent à Facebook par des technologies mobiles

Etats-Unis

6ème site le plus visité aux États-Unis

30% de l’ensemble des utilisateurs de Facebook sont américains

France

68% des Français connaissent Facebook (janvier 2009)

7 millions de Français sont inscrits sur Facebook (1,3 million seulement en février 2008!)

Québec

1,5 million d’utilisateurs (contre 1 million en février 2008)

25% des Québécois francophones sont inscrits sur Facebook (37% des Montréalais francophones )

Pour aller plus loin :

http://www.facebook.com/press/info.php?statistics

http://socialmediastatistics.wikidot.com/facebook

http://techno.branchez-vous.com/actualite/dossier/facebook/

Qui veut du boudin?

Les « boudin meetings » – une formule originale de réseautage décontracté.

Le boudin n’est pas un met particulièrement apprécié au Québec. Pas très connu non plus. À tort, car un bon boudin, c’est vraiment bon.

Pour ceux qui ne connaissent pas, le boudin est une ancienne charcuterie (selon Wikipédia, il aurait été inventé durant l’Antiquité par un cuisinier grec nommé Aphtonite) fabriquée à partir de sang de porc, de graisse de porc et de condiments.

Wouash, du sang de porc? Je vois déjà le monde partir en courant. Allons, un peu de curiosité, sortez des sentiers battus, faites fi de la gastronomie aseptisée, et goûtez au boudin!

Pourquoi ne pas vous joindre au prochain « boudin meeting »? Je vous vois perplexe. Initiés en 2007 par Christophe Rousseau, les « boudin meetings » sont des rencontres de réseautage autour d’un boudin. Les règles sont simples : boudin et sens de l’humour obligatoires.

Le 13ème boudin meeting aura lieu le vendredi 11 septembre. Pour ceux et celles qui veulent se joindre à cette réunion originale, faites-moi signe, par courriel (christian.amauger@umen.ca) ou par Twitter (@e_veilleur).

Incontournable Twitter

Twitter n’est plus simplement une plateforme permettant à des amis ou des collègues de rester connectés en temps réel. Ce petit outil est devenu un élément essentiel du marketing en ligne et de la consolidation d’une image de marque pour les entreprises.

Une des caractéristiques intéressantes de Twitter est sa capacité à susciter de l’intérêt pour une population normalement moins encline à se lancer dans le Web social. En effet, les adeptes de Twitter sont loin d’être des adolescents férus de nouvelles technologies. En fait, seulement 9% d’entre eux ont moins de 18 ans!

Deux fois moins que les plus de 50 ans! Twitter est vraiment un phénomène soutenu par les générations Y (43% des « twitteux » ont entre 18 et 34 ans) et X (32% ont entre 35 et 49 ans).

En février 2008, Twitter comptait près de 500 000 membres. Un an plus tard, ils sont plus de 7 millions, soit une croissance de plus de 1300%!

Twitter s’est ainsi hissé en troisième place des réseaux sociaux, derrière Facebook et Myspace, mais devant Flixster et Linkedin.

Impressionnant? Certes, mais comme toujours avec les nouveaux gadgets du Web, il faut faire attention aux mirages. Près de 75% des membres de Twitter se sont inscrits au cours des cinq derniers mois, probablement titillés par le « buzz » (pour ne pas dire le matraquage…) généré par les gazouillis.

Les stars gazouillent (Oprah, bien sûr, mais j’ai aussi croisé David Lynch et John Cleese), incitant leurs fans à suivre leurs messages, et les experts du marketing se sont mis de la partie en prophétisant partout que Twitter rapporterait monts et merveilles à qui saurait gazouiller comme il faut. Des professeurs vont même jusqu’à évaluer leurs étudiants sur la qualité de leurs gazouillis (sans rire! http://www.gautrais.com/Evaluation,156).

L’effet d’entraînement a donc été incroyable. D’autant plus incroyable que Twitter n’est en rien une innovation technologique (finalement c’est un bête forum et un fil RSS, pas de quoi casser trois pattes à un canard), ni même un nouveau produit (cela fait plus de cinq ans que cela existe).

Une des raisons du succès de Twitter repose sans doute sur son interopérabilité et sa synergie avec de nombreux outils sur le Web (blogs, RSS, autres réseaux sociaux, etc.). Sans oublier la facilité avec laquelle Twitter s’intègre à la téléphonie mobile. Plus de 50% des messages de Twitter sont postés à partir d’applications Web ou mobiles autres que www.twitter.com.

Reste à savoir si Twitter va continuer sur sa lancée et surtout stabiliser et fidéliser ses membres. Pour l’instant, 5% des membres génèrent plus de 75% du gazouillage. À l’inverse, 21% sont de simples suiveux, qui n’ont jamais osé émettre le moindre son. Et de manière générale, 85% des membres écrivent moins d’un message par jour. La communauté de Twitter reste donc plutôt passive, voire silencieuse.

Ce n’est pas le cas des « twitbots », ces merveilleux petits générateurs de spam (beurk), qui sont responsables à eux seuls du quart de tout le gazouillage généré. On n’arrêtera jamais le génie humain… (soupir).

Si le succès de Twitter vient surtout de l’incroyable « buzz » qu’il a su engendré, sa pérennité dépendra de son utilisation active. Ce ne sont pas les idées qui manquent : du service à la clientèle à la recherche d’emploi, du covoiturage aux partis politiques, tous les chemins mènent à Twitter.

Pour ma part, le petit oiseau bleu m’est très utile pour trouver de l’information et suivre les tendances du Web. C’est devenu pour moi un complément indispensable à mes recherches sur Google.

Et vous, vous gazouillez?