Auteur : Christian Amauger

Influence, influenceurs et influencés

influenceurs

Pendant que les réseaux sociaux se popularisent de plus en plus, la notion d’influenceur soulève de nombreux débats. Quelles sont les personnes qui forgent les opinions sur le Web 2.0? Et d’abord, c’est quoi un influenceur?

Certains sont plus « égo » que d’autres

Attention, ne pas confondre influence et popularité (voir l’étude « Social Media Influencers: Lady Gaga Vs. Bono? » de Vocus et Brian Solis). Tout d’abord, l’influence est le processus par lequel un individu ou un groupe modifie le comportement d’un autre individu ou d’un autre groupe. C’est un processus actif lorsqu’il s’agit de persuasion, passif lorsqu’il s’agit de mimétisme (ou encore de grégarité).

Dans les réseaux sociaux, l’individu qui est un influenceur est celui qui forge, modifie, oriente les opinions et les comportements des internautes. Il exerce son influence à travers les nouveaux médias (Facebook, Twitter, Blogs, etc.) sur sa communauté. Je dis bien communauté, et non pas audience. En fait, cela s’applique à n’importe qui. Nous sommes tous des influenceurs : pour nos proches, nos amis, nos voisins, nos collègues, etc. Mais si nous sommes tous « égo » dans les réseaux sociaux, certains sont plus influents que d’autres (ou sont perçus comme tels).

La chasse à l’influenceur

Pour les entreprises comme pour les gouvernements, la notion d’influence est cruciale. Les influenceurs font la différence dans les processus d’achat et de votes. Tout le monde se pose alors la question : comment identifier ces fameux influenceurs ? Les critères ne manquent vraiment pas : audience, crédibilité, qualité du contenu, etc. Les outils de mesure non plus : Klout, Radian6, Traackr, TwitterGrader, etc. De quoi s’amuser durant des heures à savoir qui est le plus influent.

Au Québec, Raymond Morin a soulevé pas mal de réactions avec son palmarès des influenceurs basé sur Klout. Comme je m’y retrouve, je me suis dit qu’il faudrait peut-être que je donne mon opinion là-dessus…

L’initiative de ce palmarès est louable. Admettons-le, nous aimons les palmarès, les top 50 etc. Et tout palmarès est contestable : pas assez ciblé, pas exhaustif, etc. En l’occurence, ce palmarès dresse humblement la liste des personnalités francophones influentes du Web au Québec. Le classement est basé sur le score de Klout. Une mesure comme une autre, avec ses avantages et ses limites. Une fois ces paramètres acceptés, il me semble vain de discutailler sur les positions de tel ou tel individu dans ce classement. Klout ne prend pas en compte les blogs, ni LinkedIn, ni le facteur éolien.

Christian Amauger Klout Influence Summary

Mais suis-je vraiment un influenceur? Contrairement à la majeure partie du classement, je n’ai aucune tribune médiatique, je n’ai pas ma propre entreprise et la majeure partie de mon travail se fait dans les coulisses. Je ne fais pas partie non plus d’un groupe, club ou lobby quelconque.

Selon le classement du site Coups de… je me classe 876ème dans les 5000  plus gros comptes francophones sur Twitter. C’est un classement basé sur le nombre de « followers », ce qui n’est vraiment pas représentatif de l’influence.

Comme le dit maladroitement Stéphane Guérin, je ne pense pas que ma « disparation serait remarquée ». Comment comprendre alors ma présence dans un palmarès des influenceurs? Je crois qu’elle est due à mon travail de propagation : mes nombreux ateliers et mes conférences sur les médias sociaux, qui m’ont permis de rencontrer et tisser des liens avec des centaines d’entrepreneurs, de responsables marketing ou de communications. Elle est due aussi à mon travail de  veille et de partage de l’information (les innombrables liens que je diffusent à ma communauté). Tisser des liens. Partager des liens. Faire des liens. Voilà l’astuce.

Influenceur ou influencé

Si mesurer l’influence, c’est mesurer l’impact de l’influenceur sur sa communauté, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une relation à double sens. L’influenceur est-il vraiment le guide de la communauté? Ne serait-il pas parfois l’expression des idées de la communauté? On retrouve cette dualité dans les sphères politiques, journalistiques, économiques, etc. L’oeuf ou la poule, en quelque sorte.

Pour influencer, il faut savoir écouter, se rapprocher, faire preuve d’empathie. L’influenceur se trouve nécessairement affecté par ce processus. L’influenceur, en agissant de manière à exprimer les idées des membres de sa communauté, devient alors l’influencé. Il n’est plus le guide, mais le porte-parole.

Partage

Oublier cette relation réciproque, c’est tomber dans une mesure d’audience, de popularité, la course aux « stars », aux étoiles, souvent filantes. La notion de communauté d’influence est bien plus importante que celle d’influence. Dans les réseaux sociaux, nous construisons et participons à des réseaux justement, à des communautés. Ensemble.

Oublier le caractère interactif et collaboratif de l’influence, c’est passer à côté du Web participatif, de cet évasif Web 2.0.

Pour aller plus loin

Top 50 – Liste des influenceurs du Web du Québec

WTF’s an influencer?

Social Media Influencers: Lady Gaga Vs. Bono?

Comprendre les notions d’influence et d’influenceurs

Qu’est-ce qu’un individu influent?

Comment identifier et suivre les influenceurs sur le Web?

Les zinfluenceurs du Web 2.0

Il n’y a pas d’expert en médias sociaux

Les réseaux sociaux ne servent à rien

The 6 Factors of Social Media Influence: Influence Analytics 1

Blogueurs influents : l’autre grande illusion ?

Les palmarès: flatteurs, futile et fabuleux

Twitter : l’année 2010 en revue

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2010 a été une année marquante pour Twitter. L’application a connu en effet une croissance et une popularité incroyable. Tout le monde en parle, en bien ou en mal. Tout le monde connaît l’application, sans toujours savoir à quoi cela sert.

Un outil flexible

Il faut dire que les utilisations sont multiples, allant du clavardage à la veille stratégique, du service à la clientèle au partage de photos. De nombreuses entreprises l’utilisent, des grandes comme Dell aux plus modestes comme le Café Albion à Londres.

Plus de 175 millions de personnes à travers le monde « twitteraient ».

Du moins, selon les chiffres de Twitter. Une récente étude de Pew indiquerait que seulement 14 millions d’américains utiliseraient Twitter (8% de la population adulte), alors que Twitter prétend rejoindre plus de 60 millions de personnes aux États-Unis. Des écarts de chiffres que l’on retrouvent dans les autres réseaux sociaux, notamment Facebook. Twitter reste néanmoins un outil extraordinaire et l’engouement qu’il suscite peut difficilement laisser quelqu’un indifférent.

L’année 2010 dans l’univers de Twitter

Twitter vient de lancer un site retraçant l’année 2010 de l’univers des « gazouillis » : « Twitter 2010 : year in review. » Le site comporte cinq pages qui seront progressivement dévoilées. La première page est maintenant visible et passe en revue les personnalités marquantes qui ont rejoint le « Twitterverse » : de Bill Gates à Tiger Woods, en passant par Cher et Billy Idol.

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Outil de veille : Corporama

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Un agrégateur de données sur les entreprises

Créé à Paris en mars 2010, Corporama se présente comme le premier agrégateur de données sur les entreprises. Le site, lancé en juin 2010, est déjà utilisé par plus de 200 000 internautes chaque mois, se situant ainsi parmi les premiers sites d’informations entreprise.

A partir d’une recherche, l’utilisateur accède, en temps réel et sur une interface unique, à l’ensemble des contenus web publiés sur une entreprise : les actualités, les blogs, les réseaux sociaux, les recrutements, les vidéos et images, les infos légales et les documents commerciaux. Corporama aurait accès aux données de plus de 4 millions d’entreprises françaises.

« Corporama est destiné aux professionnels mais aussi au grand public. Plus de 6 000 utilisateurs quotidiens suivent un concurrent, un prospect ou un client, préparent un entretien de recrutement, ou appréhendent comment leur propre entreprise est présente sur le web. » précise Boris Gourmelen, président de la société.

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La version gratuite de Corporama permet ainsi à l’utilisateur de :

  • regrouper les informations dispersées sur plusieurs milliers de sites
  • filtrer l’ensemble des résultats obtenus pour mieux cibler sa recherche
  • effectuer des recherches illimitées
  • personnaliser l’interface pour ne conserver que ses thèmes de prédilection
  • mémoriser ses recherches

Le site de Corporama a bénéficié d’un nouveau design le 23 novembre 2010. Un blog a également été lancé par l’entreprise, que l’on peut retrouver sur Twitter et sur Facebook.

Réseaux alternatifs : Sens Critique

SENSCRITIQUE

Les réseaux sociaux en ligne deviennent de plus en plus présents dans nos vies. Nous connaissons tous Facebook, Twitter, YouTube ou encore LinkedIn. Ce sont les réseaux les plus populaires. Mais il y en a des centaines d’autres, pour tous les secteurs d’activité, pour tous les goûts. Cette rubrique est une exploration de ces réseaux alternatifs.

Sens Critique est un réseau social dans lequel les membres sont invités à commenter, critiquer, noter des oeuvres (films, livres, bandes dessinées, jeux vidéo, séries télévisées et éventuellement musique). Vous pouvez consistuer votre collection d’oeuvres, en créant des listes par exemple. Vous pouvez également communiquer avec les autres membres par messagerie.

Sens Critique

L’ergonomie du site est très bonne : c’est simple, épuré, efficace. La navigation est fluide. Quelques trouvailles très intéressantes, comme le « match des critiques », opposant une critique négative à une critique positive d’une oeuvre. L’intégration avec Twitter et Facebook étaient nécessaires, mais est encore très limitée (ce serait bien de pouvoir retrouver ses contacts facilement).

Le site est encore en version beta, mais c’est un très beau début. La beta fermée s’est terminée le 1er décembre. Tous les internautes peuvent donc désormais s’inscrire et essayer Sens Critique. Alors allez-y faire un tour, et dites-moi ce que vous en pensez!

Mes 10 tweets les plus populaires (novembre 2010)

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Voici les 10 messages qui ont été le plus cliqués sur mon profil Twitter au cours du mois de novembre 2010 :

  1. Google à Québec ce vendredi – conférence gratuite ouverte à tous
  2. mon article sur le Web 2.0 dans le magazine de la chambre de commerce française – à télécharger
  3. Courbe d’adoption des médias sociaux par @CindyRivard
  4. message de Twitter si vous manquez des tweets : http://ow.ly/387Sy (merci @ant11 – cc @Luziadell)
  5. Idée originale : Le CV à découper de David Gaborit (via @moderateur)
  6. Pétition : Demande de démission du premier ministre – Réveil politique québécois ou piratage informatique? #charest
  7. la Chine possède le supercalculateur le plus puissant du monde
  8. je reactive mon blog qui commencait à devenir un peu poussiéreux
  9. Le Phare Breton, repère de la communauté bretonne d’ici et d’ailleurs #bzh #bretagne
  10. Réseaux sociaux en classe : une révolution pédagogique ?

Dessine-moi un stratège Web

Depuis quelques années déjà, j’aime me présenter et me définir comme Stratège Web. Pas évident pour ma fille de 3 ans d’expliquer ce que fait son papa. Faute de trouver les mots, elle a tranché arbitrairement :

« Mon papa quand il va au travail, il mange des biscuits et boit du jus d’orange. »

C’est mignon, mais cela correspond à peu près, avec d’autres mots et d’autres images, à ce que la plupart des gens imaginent quand je leur annonce ma profession. Autant dire qu’il y a des jours où je voudrais être pompier. Euh, non en fait, pas vraiment…

Alors, c’est quoi un stratège Web ?

Décortiquons. Stratège, d’abord. Nous qualifions de stratège celui qui est capable d’élaborer des plans, de concevoir adéquatement une stratégie. Nous voilà donc à la notion de « planification stratégique », qui fait peur et fascine en même temps. Peur parce qu’on ne veut pas avoir affaire à des « charlatans qui nous donnent l’heure en regardant notre montre. » Fascination parce qu’on espère trouver là la solution à tous nos problèmes.

Un stratège, finalement, c’est quelqu’un qui est capable d’organiser et de structurer les moyens et les ressources qui permettront d’atteindre un objectif ciblé.

Dans mon travail quotidien, il s’agit en fait souvent de clarifier la vision d’affaires des dirigeants, des entrepreneurs afin de déterminer des objectifs réalistes et en harmonie avec leur environnement d’affaires. Une fois cette étape accomplie, il me faut construire les orientations qui permettront d’atteindre ces objectifs. Ces orientations sont ensuite déclinées en plans d’actions précis associés à des indices de performance mesurables. Ces derniers servent alors à l’évaluation (et donc à l’optimisation) des actions réalisées. Le plan d’action, c’est le passage de la stratégie (« macro ») à la tactique (« micro »).

Stratège, certes, mais stratège Web

Je pourrais aussi dire « stratège Internet » mais je préfère « stratège Web » parce que c’est plus court (non, je n’ai pas vraiment de meilleur argument). Faire de la stratégie appliquée au Web, c’est optimiser la présence Web. Mais qu’est-ce que je veux dire par « présence Web ? »

La présence Web, pour un individu ou une organisation, est la synthèse de trois composantes : l’identité, la visibilité et le capital social.

L’identité, c’est l’ensemble des contenus Web qui sont associés à un individu ou une organisation. L’identité correspond donc à la somme des résultats obtenus sur les moteurs de recherche (à la fois les moteurs classiques de type Google, Yahoo !, Bing, et les moteurs des médias sociaux – Facebook, Twitter, YouTube, etc.).

La visibilité, c’est la facilité avec laquelle on peut retrouver un individu ou une organisation parmi tous les contenus obtenus.

Le capital social est une notion plus complexe. Il correspond à votre capacité à animer votre réseau en ligne. C’est la notion de « Whuffie Factor » chère à Tara Hunt. Pour forger votre capital social, il faut développer votre réseau et interagir avec ses membres. La présence Web, ce n’est pas simplement « être là », mais c’est appartenir à une communauté et y participer.

Le rôle d’un stratège Web c’est donc d’accompagner une organisation dans l’atteinte de ses objectifs en passant par une utilisation optimale de ces trois notions – identité, visibilité et capital social.

Il faut comprendre la dimension « Web » dans un sens large. Cela ne se limite pas aux médias sociaux. Un stratège Web se doit d’avoir une vision globale des opportunités qu’offrent Internet : veille, intelligence économique, marketing interactif, commerce électronique, réseaux sociaux, plateformes collaboratives, etc.

Stratège versus Utilisateur

C’est là que se situe le fameux débat sur les « experts des médias sociaux ». Il ne faut pas confondre les utilisateurs des médias sociaux et les stratèges Web. Être un bon utilisateur des médias sociaux, c’est comprendre la portée de ces outils et les employer efficacement. Être un bon soldat, finalement, ou encore un bon « ninja » (on parle fréquemment de « ninja du web social »). Mais il y a une différence majeure entre savoir « comment » communiquer et savoir « pourquoi » communiquer. Le stratège se situe au niveau de la vision, des enjeux, de l’ensemble. Au-dessus de la mêlée, en quelque sorte.

Au dessus de la mêlée, mais pas dans les nuages

On accuse trop souvent, à tort ou à raison, les planificateurs stratégiques d’être des « pelleteurs de nuages ». L’enjeu du stratège Web est de concilier la vision d’affaires et la vision Web. Il lui faut donc parvenir à transposer les objectifs de l’organisation sur le Web, mais en utilisant des moyens propres au Web. Le grand danger est de faire du « traditionnel » dans les nouveaux médias : ce genre d’approche est vouée à l’échec.

La complexité de ce travail, c’est de réussir à se fixer des objectifs très précis, avec des échéances plus courtes que la planification stratégique traditionnelle. En effet, sur le Web, tout va plus vite : les cycles d’activité sont très courts et il faut toujours être réactif. Cela nécessite une grande flexibilité, et une compréhension des enjeux auxquels fait face l’organisation : enjeux budgétaires, bien sûr, enjeux techniques, forcément, mais surtout enjeux humains.

La mise en œuvre de toute stratégie nécessite une gestion du changement. Le stratège Web doit accompagner ce changement, en encourageant les enthousiasmes et en calmant les peurs, en encadrant les risques et en favorisant les opportunités. Toutes les organisations ne sont pas prêtes pour le Web, et la plupart ne sont pas prêtes pour le Web 2.0. Mais, attention, la question n’est pas « Quand ? » mais « Pourquoi ? » Et un stratège Web saura y répondre.

Dessine-moi un stratège Web…

Nouveau défi : stratège Web pour Korem

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En ce mois de décembre, je deviens stratège Web pour Korem. Mon rôle : renforcer sa présence sur le Web et valoriser ses accomplissements. Korem, chef de file dans le développement et l’implantation de solutions géospatiales, se tient prête à relever de nouveaux défis pour se positionner de manière déterminante sur Internet et les nouveaux médias.

J’apporterai donc mon expérience et mon expertise dans les nombreux projets en cours, pour supporter la forte croissance de l’entreprise, qui fête aujourd’hui ses 17 ans.

Le communiqué officiel :
>> Korem s’adjoint les services d’un Stratège Web

Voir aussi le communiqué dans Les Affaires :

>> Korem se déniche un Stratège Web

Le site Internet :
>> Korem

Korem