Auteur : Christian Amauger

Le Web au Québec : recherche exploratoire sur les prestataires de services Web du Québec

Alliance numérique a dévoilé les résultats d’une recherche exploratoire sur les prestataires de services Web au Québec (PSW pour faire court), menée par la firme montréalaise spécialisée en stratégie et marketing Internet Adviso.

En 2010, le Québec comptait près de 500 prestataires de services Web (selon les statistiques recueillies par Statistiques Canada).

L’étude a pour objectif de déterminer « les avantages concurrentiels distinctifs de l’industrie du Web québécois qui permettront de la positionner comme étant un haut lieu pour la réalisation de projets d’envergure internationale ».

Afin de réaliser cette étude, un sondage a été réalisé auprès de 100 gestionnaires d’entreprises de PSW du Québec, du 13 mai au 5 juillet 2010. Il faut souligner que parmi ces répondants, 91 % provenaient de la grande région métropolitaine de Montréal. Des entrevues qualitatives ont été menées auprès de 10 intervenants afin d’obtenir leur perception et leur point de vue sur l’industrie du Web au Québec.

À propos d’Alliance numérique

Alliance numérique constitue le réseau d’affaires de l’industrie des nouveaux médias et des contenus numériques interactifs du Québec. L’Alliance compte des membres actifs dans les secteurs du jeu vidéo, du eLearning, de la mobilité et des services et applications Internet. Elle multiplie les partenariats, les rencontres et les échanges sur les scènes nationale et internationale afin de favoriser la croissance, la compétitivité et le rayonnement de l’industrie, dans le respect de tous ses intervenants.

Principaux constats de l’étude

  • La majorité des PSW se présentent comme des généralistes offrant un éventail de services Web
  • 61 % des revenus des PSW concernent le développement et la conception de sites Web
  • 71 % des PSW génèrent des revenus de moins de 1 million de dollars
  • 87 % des revenus génères par les PSW proviennent du Québec et 7 % du reste du Canada. Seulement 4 % des revenus des PSW proviennent des comptes internationaux
  • L’Etat contribue à 21 % du financement des PSW
  • L’industrie des PSW est composée d’entreprises de 3 employés en moyenne et la majorité de la main d’œuvre est composée de programmeurs et de développeurs
  • Les PSW réaliseraient 39 projets par an en moyenne
  • 65 % des contrats proviennent d’une recommandation par un tiers

Afin d’approfondir l’analyse sur les forces, faiblesses, menaces et opportunités de l’industrie des PSW au Québec, des entrevues ont été réalisées avec 10 intervenants du milieu (j’en ai trouvé que 9 dans le document) :

  1. Isabelle Quevilly de Cloudraker (Montréal)
  2. Jean-Francis Lalonde de Cyber Génération (Terrebonne)
  3. David Carle de DNCOM (Montréal)
  4. Jean-François Chainé de Locomotive (Montréal)
  5. Philippe Le Roux de Phéromone (Montréal)
  6. Annie Godbout de Lubie Vision (Sherbrooke)
  7.  Gina Deyoung de Nurun (Montréal)
  8.  Denis Roy de Egzakt (Trois-Rivières)
  9.  Yannick Bédard de Sid Lee (Montréal)

Sans chauvinisme, je note qu’il n’y a pas d’intervenant de Québec, ce qui est selon moi un peu étrange… (voir dernier paragraphe)

Voici les principaux constats réalisés suite aux entrevues :

Les 5 forces de l’industrie du Web au Québec


1- Créativité

Plusieurs intervenants interviewés ont mentionné la créativité comme étant une des grandes forces de l’industrie du Web au Québec. Effectivement, selon certains intervenants, le Québec et particulièrement Montréal, détient une bonne base de talents créatifs en communication, publicité, et divertissement qui se manifeste clairement dans l’offre Web du Québec.

2- Bilinguisme
Le Québec, à la fois francophone et anglophone, possède un atout majeur pour aller chercher des clientèles nationales et internationales. La langue ne présente pas d’obstacle puisque les ressources humaines des PSW sont généralement bilingues et peuvent être amenées à exécuter des contrats autant en français qu’en anglais. Le bilinguisme peut s’avérer moins vrai en région où les clients tendent à être plus francophones. Néanmoins, le bilinguisme permet au Québec de jouer sur deux arcs à la fois et d’effectuer des mandats pour des pays de la francophonie et pratiquement tous les pays au monde avec l’anglais.
Toutefois, le fait que le Québec soit une province majoritairement francophone peut engendrer une perception défavorable de la part des clientèles anglophones. Certains pourraient penser qu’un PSW ne pourra pas réaliser le même mandat avec l’obstacle de la langue. L’instauration d’un nouveau positionnement et image de marque pour l’industrie du Web au Québec permettra de contrer, en partie, ce type de perception négative de l’industrie.

3- Multiculturalisme
Le Québec (en fait surtout Montréal) est multiculturel et cosmopolite. Cette diversité culturelle facilite la compréhension d’enjeux culturels et permet d’apporter une ouverture d’esprit qui peut être bénéfique dans le cadre de réalisation de mandats internationaux ou en relation avec des clients de cultures différentes. Les intervenants reconnaissent que ce multiculturalisme apporte également une diversité, créativité et façon d’approcher les problématiques d’une manière différente et potentiellement plus efficace.

4- Pragmatisme
La petite taille du marché québécois ainsi que les budgets disponibles des entreprises en général, fortement constituées de PME, ont fait des PSW des entités débrouillardes et pragmatiques. Les budgets disponibles des clients sont généralement plus bas au Québec qu’ailleurs au Canada et aux États-Unis considérant la taille du marché et le contexte économique. Les PSW québécoises ont donc appris à se débrouiller avec peu de moyens financiers disponibles et peuvent généralement réaliser plus avec moins de moyens. Ceci peut s’avérer un aspect différenciateur clé pour un client national ou international qui cherche à obtenir plus pour son argent. Ainsi, selon presque tous les intervenants rencontrés dans le cadre des entrevues qualitatives, il est possible de produire un service à qualité égale au Québec, et ce, à une fraction du prix de New York, Toronto, etc.

5- Expertise au niveau des technologies
Le Québec, avec ses nombreux centres de recherche en technologies, ses chercheurs et ses programmes de formation, détient une solide expertise au niveau technologique selon les intervenants rencontrés. Un bassin de talents est donc disponible et le savoir et les connaissances technologiques sont en effervescence.

Les 7 faiblesses de l’industrie du Web au Québec


1- Marché restreint

Contrairement à l’opinion de certains intervenants qui y voient des avantages en termes de pragmatisme, la petite taille du marché au Québec s’avère une faiblesse selon d’autres intervenants. Selon eux, la taille du marché offre des possibilités restreintes au niveau du développement d’affaires. De plus, le fait que le marché n’ait pas encore atteint une phase de pleine maturité ne permet pas à l’industrie d’aller plus loin et de réaliser des mandats d’envergure selon l’un des intervenants. On peut aller aussi loin que le client nous mène.

2- Manque de ressources au niveau de la conception
Tandis que la majorité des intervenants considèrent la créativité comme principale force de l’industrie, selon quelques-uns, un manque de ressources au niveau de la conception de site Web serait notoire. Effectivement, bien que le Québec possède d’excellents talents créatifs et une formation adéquate, le manque de ressources à gagner au niveau de la programmation est évident.

3- Une industrie encore jeune dont les barrières à l’entrée sont faibles
Selon certains intervenants, l’industrie du Web est une industrie en croissance encore relativement jeune et dont les barrières à l’entrée sont généralement faibles. Ce contexte engendre la présence d’une multitude de joueurs dont certains ne possèdent pas l’ensemble des connaissances et de l’expérience pertinente pour y œuvrer pleinement. Ces joueurs ont su saisir une opportunité d’affaires intéressante avec l’engouement pour le Web, les médias sociaux, etc. auprès des clients potentiels. La croissance éventuelle de l’industrie du Web amènera cette dernière vers un stade de maturité qui permettra une épuration du marché. Il y aura forcément moins de joueurs et ceux qui survivront augmenteront en taille et deviendront plus dominants.

4- Esprit conservateur et aversion au risque
Selon les intervenants rencontrés, le Québec, de par son histoire et de nombreux facteurs socio-économiques, aurait possiblement un esprit conservateur et une certaine aversion au risque. Le statu quo du Québec et la langue française comme langue dominante pourraient avoir une influence sur cette peur chez certains intervenants de démarcher le marché international.

5- Peu d’expositions des réalisations québécoises Web à l’international
Les PSW au Québec n’ont pas de stratégie ou de tactiques concrètes et de fonds pour démontrer leur expertise et leurs réalisations au niveau national ou international. Aucun historique des projets réalisés par les PSW n’existe et aucun organisme fédérateur n’a pour mission de représenter l’ensemble de l’industrie et ses réalisations au niveau national et international.

6- Difficulté à obtenir des programmes de financement
D’après certains intervenants, les programmes de financement offerts au niveau de l’industrie du Web au Québec pourraient être bonifiés. Certains fonds, notamment le CDAE, sont difficiles à obtenir et nécessiteraient un degré d’assouplissement. Qu’est-ce que le CDAE? Il s’agit d’un programme par lequel Investissement Québec offre aux sociétés admissibles d’obtenir un crédit d’impôt remboursable jusqu’au 31 décembre 2015 si les activités qu’elles exercent font partie du secteur des technologies de l’information et qu’elles sont effectuées dans un établissement situé au Québec.

7- Des programmes de formation à développer au niveau de la conceptualisation
De nombreux programmes de formation existent pour les métiers du Web au Québec, mais peu de programmes existent en conceptualisation. La mise sur pied de programmes qui sont en ligne directe avec les besoins de l’industrie serait également une avenue intéressante à explorer selon un des intervenants interrogés, un peu comme l’a fait Ubisoft avec son campus.

Et la ville de Québec ?

Il serait intéressant de voir dans l’étude une section consacrée aux enjeux particuliers de la ville de Québec. En effet, les PSW de la Capitale-Nationale évoluent dans un environnement d’affaires différent de ceux des régions et de Montréal. En 2011, un groupe de professionnels du Web de Québec a lancé le WAQ – le Web à Québec, un événement rassembleur pour promouvoir l’industrie. Avec peu de moyens mais beaucoup de bonne volonté, le WAQ 2011 semble avoir été un succès selon les échos que j’en ai eu. Un WAQ 2012 est prévu. Une autre occasion pour les PSW de Québec de réfléchir et de débattre sur leur positionnement et l’avenir de l’industrie.

Téléchargez l’étude « Recherche exploratoire sur les prestataires de services Web du Québec » pour en savoir plus.

Médias sociaux 2011 : les 4 grands réseaux

current-state-social-media-2011

Dans la sphère du Web social, 4 grands réseaux se démarquent en 2011 : Facebook, bien sûr, LinkedIn, Twitter et Google Plus. Ce dernier a encore du mal à trouver son créneau, et l’engouement initial s’essouffle un peu. Il ne faut cependant pas négliger son potentiel, surtout sur le continent américain.

Ci-dessous une infographie réalisée par OneLily, à partir de statistiques issues de divers sites (Huffington, Socialstatistics, Digitalbuzz, etc.).

current-state-social-media-2011

Quelle serait la traduction la plus appropriée de « content curator »?

quora

Sur Quora, j’ai posé la question « quelle serait la traduction la plus appropriée de content curator« ? Voici quelques réponses de la communauté.

 

A mon avis il faut dire éditeur. Editer signifie « faire paraître au public » (cf. Wikipedia http://bit.ly/hc0SBC), et c’est exactement ce que fait le curator: il choisit les contenus les plus pertinents dans un contexte particulier, et les partage avec d’autres.

Antoine Msika, Community Manager @ Pearltrees

 

« curation », « curateur » : that’s all 🙂

Chrystophe Oleon, Web project manager | CMS integrator

Je penche définitivement pour « organisateur de contenu », plutôt que la traduction littérale qui ne me semble pas adaptée.
Mais l’idée de « documentaliste » me semble tout à fait adapté! pourquoi pas alors « web-documentaliste« , ou « documentaliste numérique? »

Jean-Luc Boulin, Blog Etourisme.info, directeur MOPA.

 

Et « Modérateur de contenus » ? C’est juste une suggestion.

Denis Florent

Structurateur ?

Aether Concept

Conservateur de contenus

Guy Therrien, Consultant en communication

« Content Curation », ça veut rien dire, je ne vois pas le besoin de traduire ce qui n’a pas de sens. En anglais, il y a des « curators » qui sont des conservateurs, qui travaillent dans les musées, etc. Il y a aussi la « Digital Curation ».. mais « Content Curation », ça n’a aucun sens.. je serais prêt à dire « recherchiste » ou même « bloggeur », car Robert Scoble, qui a eu beaucoup d’influence sur le discours sur la « Curation », est sensiblement un bloggeur.. la « Curation » c’est plus un outil qu’un poste, ou un titre.. N’importe qui pourrait faire de la « Content Curation ».. autant un recherchiste qu’un bloggeur.. C’est mon avis..

Alex Gagnon

Si le rôle du « curator » est de rechercher, collecter, analyser et transmettre des informations pertinentes aux personnes qui en auront l’utilité …cela fait une bonne définition de veilleur, à mon avis. Il n’est pas nécessaire d’utiliser tous les « buzz words » qui sortent; curator, veilleur, même combat.

Antoine Montoux

 

« Curateur » veut déjà dire quelque chose de précis … tant pis. Comme il faut éviter les mots trop long, « curator » à de beaux jours devant lui. Cependant, en détaillant un peu les missions du curator sur mon blog en en constatant qu’il est un peu veilleur, un peu community manager, un peu documentaliste… J’en arrive à la conclusion qu’il n’y aura pas de curator à plein temps dans les entreprise mais plutôt des mission de « curation » pour d’autre profil.
Donc plus besoin de mot 🙂

MAJ : Finalement en lisant vos commentaires je commence à pencher pour la traduction « chef de rayon » de la grande distribution. Il récupère que qu’on lui donne et tente de la mettre en valeur pour le vendre au mieux ! Ok, c’est un peu pessimiste mais bon …

Gregory Maubon

 

 If what you mean is  » the selection, preservation, maintenance, and collection and archiving of digital assets » (http://en.wikipedia.org/wiki/Dig…), then I would say « responsable de contenus » or « gestionnaire de contenus ».
That said, the word « curator », it seems, cover a large spectra of meanings, going from web designer to monitoring, so it remains difficult to chose one word for this multiple meaning one. (answer re-written, due to Ronan’s remark).

Kumar Guha, Information manager

 

Je pencherai pour ma part pour « curator »… On sait ainsi de quoi on parle et sa traducteur littérale : curateur me convient aussi 😉
Je me posais la question dernièrement de savoir si les enseignants n’étaient pas eux aussi des Curators ! Dans ce cas, les définitions précédentes : veilleurs, conservateurs, gestion de contenu… ne fonctionnent pas !

Eric Delcroix

Je partage l’avis d’Eric, on n’échappera pas au « curator » (ou curateur), car la « nouveauté » (relative) du mot est importante. Bien que ce ne soit pas son origine (curator vient de conservateur), je pense toujours à la médecine quand j’entends ce mot. Et pour moi le « content curator », c’est un peu le médecin des contenus, celui qui vient rétablir le malade, le patient souffrant d’infobésité, le média devant perfuser dans tous les sens ses lecteurs… C’est un peu un architecte des contenus, qui vient donner de la structure à la manière dont on gère les contenus.

Hubert Guillaud

 

Plusieurs d’entre vous parlent de « responsable (de gestion) des contenus » mais ça correspond plutôt à « content manager » historiquement (si l’on peut dire). « Web-documentaliste » et « veilleur » correspondent bien mais ne marquent peut-être pas assez le fait que le curator fait face à des contenus déferlants, issus principalement des réseaux sociaux où il y a à boire et à manger (le documentaliste et le veilleur se nourrissent traditionnellement de sources a priori fiables).
Du coup je creuserais plutôt vers une appelation du type « responsable qualité des contenus » (voire de la communication digitale).

Après avoir lu les commentaires sur le post que j’ai fait sur etourisme.info sur le sujet, c’est vrai que c’est un boulot de documentaliste, la curation, non?
Donc pourquoi pas « web-documentaliste », ou « documentaliste numérique »?

Rodolphe Canale

 

Et vous, quelle est votre suggestion?